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ensemble de 7 statues (grandeur nature) : Ecce Homo et six personnages de l'ancienne Loi

Cette scène du Christ au prétoire est assez rare dans l'art du Moyen Age. Toutefois, la grande difficulté à reconnaître dans les personnages les membres du Sanhédrin réside

Historique

Datation :
limite 15e siècle 16e siècle
Commentaire historique :
Cet ensemble de sculptures provient vraisemblablement de la clôture du chour et du jubé disparus au 18e siècle.
Les accessoires : sceptre doré d'un de ses compagnons, aumônières brodées, parchemins roulés, ceintures orfévrées sont minutieusement exécutés. Les costumes, certaines attitudes de même que les chaussures à bouts ronds des personnages les situent, au plus tôt dans le dernier tiers du 15e siècle.
On ignore quelle pouvait être la disposition primitive de ce groupe mais, en 1857, dans sa monographie de la collégiale, Hipolyte Crozes signale que des statues ornaient le sanctuaire et l'abbé Cazals (congrès archéologique 1864) précise qu'elles sont placées à la naissance des baies du sanctuaire.
Un projet de l'architecte Bodin-Legendre, daté de 1873, propose de placer les statues contre les colonnettes supportant les nervures de la nef. Devant le refus de la fabrique, l'architecte envisage un nouveau projet visant à rétablir l'ornementation de pierre sculptée qui existait autrefois sur les murs du sanctuaire. Les statues seraient placées dans des niches inscrites à l'intérieur d'accolades gothiques ou bien juchées au-dessus des colonnettes. Le 6 octobre 1878, le conseil de fabrique décide que l'architecte devra faire un devis définitif en plaçant les statues "sur les accolades".
En 1896, le baron de Rivières (bulletin monumental Tome 1 1896) critique la nouvelle disposition et signale que les statues, "très habilement polychromées" à nouveau dans les ateliers de Barilier d'Angers ont été réinstallées à leur place primitive où elles demeurent jusqu'en 1961, date de leur dépose.
Leur présence à l'exposition "Trésors d'art gothique en Languedoc" organisée à Montauban en 1961 est l'occasion de restaurer encore la polychromie du groupe sculpté. Cette reprise est confiée à Maimponte.
On ignore encore le sens exact de cet ensemble. Margueritte de Bévotte (op cit) suggère que ce groupe statuaire illustre le thème de l'accomplissement des Prophéties de l'Ancienne Loi dans la nouvelle, le sacrifice de Jésus prépare le salut de l'humanité en accomplissant l'écriture, c'est le sens du christ de Pitié entouré des prophètes.
Les vieillards du Sanhédrin pourraient être reconnaissables à leurs hauts bonnets, leurs aumônières et leurs phylactères. Les rouleaux de parchemin tenus par deux d'entre eux permettent de les identifier comme des scribes. Par ailleurs, le sceptre ouvragé tenu par un des personnages, pourrait être assimilé au bâton du commandement du "Nasi", ou prince du Grand Conseil.
Notice succincte :
Cette scène du Christ au prétoire est assez rare dans l'art du Moyen Age. Toutefois, la grande difficulté à reconnaître dans les personnages les membres du Sanhédrin réside dans leur expression et dans leurs attitudes qui ne montre pas envers le Christ la haine que l'on lit dans les textes. Comme le signale Marguerite de Bévotte, ces personnages forment une scène difficile à identifier dans le déroulement des évênements de la Passion.

Description

Catégorie technique :
sculpture
Matériaux et technique :
bois : peint, polychrome, doré
Commentaire descriptif :
L'oeuvre se compose de 7 sculptures en bois polychrome
Représentation :
procès du Christ ; Jésus présenté au peuple
Précision sur la représentation :
Le Christ est représenté debout. Son visage, très allongé est émacié, souligné par une chevelure mi-longue, une barbe et une moustache légèrement bouclées. L'impressionnante couronne d'épines renforce l'allongement du visage et la bouche s'entrouvre sous l'effet de la souffrance contenue. L'anatomie du Christ est sommairement dessinée. La musculature, le modelé du torse, des jambes et des bras manque de précisions. Il a les mains attachées par une lourde corde et porte un perizzonium et a revêtu la tunique que les soldats tireront au sort après sa crucifixion.
Les 6 personnages qui entourent l'Ecce Homo ont le même visage. Les yeux surmontés par d'épais sourcils, le nez droit à arête droite et une barbe bifide. Ils portent tous une impressionnante coiffure, la tête emprisonnée dans un bonnet rouge en forme de suroît. L'un deux est coiffé d'un énorme turban plissé de fine étoffe blanche, agrémenté d'une écharpe dont pans et franges tombent sur la poitrine et qui s'orne en son milieu d'un cabochon en forme de cour. Un autre porte un étrange chaperon dont la calotte est enrichie de deux rangs de motifs carrés et dorés. Ailleurs, la coiffure est sommée d'un bulbe d'orfèvrerie d'aspect oriental tandis qu'un motif de clous décore sur le devant un petit diadème triangulaire d'où partent deux ailes latérales également ornées de clous dorés.
A l'exception du Christ, les personnages sont vêtus d'épais manteaux sous lesquels se remarque la saillie d'un genou replié. Les costumes sont ornés de galons, de franges, de glands, de cabochons carrés, arrondis, losangés, parfois même d'élégantes manches à creuvés. Ils sont retenues à la taille par des ceintures lourdement ouvragées qui laissent voir un haut-de-chausse à galon emperlé, des bottes souples, des chaussons à bouts ronds.Les tuniques sont recouvertes par d'amples manteaux retenus par d'importants cabochons. Ils sont recouverts de pèlerines de formes diverses ornées de glands et de perles.
Cet ensemble présente de nombreuses maladresses, les bras trop courts étriquent les gestes, les mains sont plates, trop grandes et inexpressives à l'exception de celles de l'Ecce Homo, assez vivantes sous leur double lien.
Comme le souligne M. de Bévotte (op.cit.), les attitudes des personnages entourant l'Ecce Homo sont empreintes à la fois de fatalisme et de pitié,: les mains se crispent sur un rouleau de parchemin, se lèvent pour marquer l'impuissance, se tendent en signe d'amitié, argumentent en comptant sur leur doigts, cherchent une contenance en passant le pouce dans une ceinture orfévrée.
Dimensions :
h = 175 ; la = 34 ; pr = 34
Précisions sur les dimensions :
Dimensions du personnage A. Dimensions du personnage B : h = 173 ; la = 46 ; pr = 38 ; dimensions du personnage C : h = 172 ; la = 40 ; pr = 30 ; dimensions du personnage D : h = 175 ; la = 45 ; pr = 31 ; dimensions du personnage E : h = 180 ; la = 44 cm ; pr = 38 ; dimensions du personnage F : h = 176 ; la = 36 ; pr = 30

Localisation

Commune :
Albi
Adresse :
Saint-Salvy (parvis)
Aire d'étude :
Tarn
Edifice de conservation :
église paroissiale Saint-Salvi
Emplacement de l'oeuvre dans l'édifice :
au fond de la nef, sous la tribune de l'orgue

Oeuvres liées

Détail du pilier et de ses chapiteaux dans l'avant-dernière travée, collatéral sud.
L'acte de donation établi vers 940, atteste qu'un chapitre de clercs placé sous le patronage de saint Salvi est déjà présent à cette époque à Albi. Des laïcs offrent à "l'abbé Gaubert et aux clercs de Saint-Salvi", un emplacement limité au sud et à l'est par un petit ruisseau, à l'ouest par l'alleu d'un certain Mafred, et à l'est par la paroisse Sainte- Martiane, que ce texte cite p

Illustrations


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152531NUCA - Détail du visage du personnage C. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152522NUCA - Vue de l'ensemble des personnages. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152523NUCA - Personnage B. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152524NUCA - Personnage C. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152525NUCA - Personnage D. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152526NUCA - Ecce Homo. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152527NUCA - Personnage A. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152528NUCA - Personnage F. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152529NUCA - Personnage E. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Albi (Tarn), église paroissiale Saint-Salvi.
Référence : IVR73_20128152530NUCA - Détail du bijou sur le plastron du personnage E. - Poitou, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Documents liés

Bibliographie :
Biget (Jean-Louis), Collégiale Saint-Salvi, Albi, dans Congrès Archéologique de France, 140e cession, Albigeois, 1982, p.163
Bevotte (Marguerite de), Un groupe de statues de la fin de la période gothique à la collégiale Saint-Salvi d'Albi, dans Revue du Tarn, 1965, p. 32-52.

Informations complémentaires

Sources :
Congrès Archéologique 1863, p. 294. Baron de Rivières, l'archéologie dans le Tarn de 1863 à 1914 dans Bulletin monumental 1896, p. 216 et sqq.
Archives Départementales du Tarn : fiches de la conservation des antiquités et objets d'art. Clichés 3 Fi 4 / 272, 1961.
Référence :
IM81001205
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées
Rédacteur(s) :
Chabbert Roland
Date de publication :
2011
Date de mise à jour :
2013/05/09
Date de la protection :
1965/07/01 : classé au titre objet
Référence de la notice M.H. :
PM81000036
Intérêt de l'oeuvre :
à signaler