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Septembre 1917

Le 23 septembre, la république d’Haïti déclare la guerre à l’Allemagne.

21 mai 2019
Auteur : Patrick Roques

En France, conséquence de la démission de Louis Malvy, le gouvernement Ribot est renversé et remplacé le 12 septembre par celui de Paul Painlevé.
Le 11 septembre disparaît le célèbre capitaine Georges Guynemer qui a abattu 52 avions ennemis.
Enfin, comment nommer nos alliés américains ? Après les "Teddys", du surnom de l’ex-président Roosevelt, les "Amec", mais l’abréviation est peu euphonique, ce sera "les Sammies" en référence à l’Oncle Sam, comme l’a préconisé le général américain Pershing !

 

Armée


Le gouvernement prend deux mesures qui doivent améliorer la vie des soldats, en activité ou mutilés. Dans le premier cas, le ministre de la Guerre crée dans les gares ou aux abords immédiats des installations permettant aux permissionnaires de se reposer dans des conditions convenables et il augmente la ration de vin de ½ l à ¾ de litres par jour pour les combattants. Ceci ne décourage pas la ligue nationale contre l’alcoolisme de poursuivre sa campagne contre la consommation d’alcool et son nouveau slogan est "moins on boira d’alcool, plus on fabriquera d’obus !".

Dans le deuxième cas, le sous-secrétaire d’État du service de santé décide que tout mutilé ayant besoin de prothèses aura droit durant sa vie à la location, la réparation, l’entretien et au remplacement gratuit de l’appareil mais aussi à la gratuité du transport pour se rendre et revenir du centre d’appareillage et de l’hospitalisation pendant la durée de son séjour.


Agriculture


L’ouverture de la chasse pour les départements du sud, est attendue avec grande impatience depuis le début de la Grande Guerre : la sous-préfecture de Lectoure informe que le samedi 1er septembre elle a délivré 642 permis de chasse, ce qui est un record. L’ouverture est au 2 septembre. Les militaires en permission ou aux dépôts sont dispensés de permis et le gibier réapparaît sur les marchés. Si dans un premier temps les autorités interdisent sa vente les jours où la viande est interdite, comme l’ont demandé au maire d’Auch les bouchers de cette ville, les préfets rappellent que l’interdiction s’applique seulement au gibier provenant d’élevages mais pas à celui rapporté par les chasseurs. Les mêmes chasseurs se plaignent de ne pas trouver de poudre pour leurs cartouches.


Restrictions

Charbon


La distribution de cartes d’approvisionnement en charbon commence le 14 septembre à Toulouse. Elle se fait dans l’ordre alphabétique des noms des habitants. Mais, comme pour l’Ariège qui s’attendait à recevoir les 270 t commandées, se voit attribuer 15 t seulement, les quantités reçues sont en deçà de celles demandées. Aussi, la municipalité toulousaine limite-t-elle le charbon à 15 kg pour un coupon.

Essence


L’essence devient un produit rare et les situations sont vécues différemment d’un département à un autre : le préfet du Tarn-et-Garonne restreint l’essence qui sert à s’éclairer à ½ litre par mois alors que dans l’Ariège et le Lot c’est 2 litres, quantité déjà insuffisante. La population s’inquiète car l’hiver approche et les soirées seront bien longues sans éclairage.
L’essence destinée aux moteurs est également vendue en faibles quantités et à un coût élevé : dans la Haute-Garonne, son prix est à 46 F la caisse de 50 litres ou 5 F le bidon de 5 litres. 


Autres produits

En réponse à la crise du papier, le gouvernement décrète un même prix pour les journaux – 0,10 F. La crise est accentuée par les fabricants de papier norvégiens qui ont annulé la majeure partie des contrats de papier passés avec la presse française, prétextant le blocus sous-marin. De plus, le gouvernement suédois interdit lui aussi l’exportation de papier. Comme la presse française reçoit 50% des papiers de ces deux pays, la crise va s’accroître et les journaux seront dans l’obligation de réduire leurs pages.


Pour la pomme de terre, son prix est à nouveau réglementé passant de 27 F le sac de 65 kg à 16 F les 100 kg. Ouvriers, employés et retraités notamment sont contents de la mesure.
Les déclarations de pertes de carnets de sucre se multiplient incitant ainsi à la fraude que favorise l’obtention de nouveaux carnets. Aussi, la mairie de Toulouse informe-t-elle qu’elle ne tiendra plus compte des déclarations de perte.


Quant au pain, certains comme à Auch se plaignent de devoir manger du pain noir "tandis qu’ailleurs le pain est plus blanc" alors que d’autres comme les Toulousains, sont mécontents de ne pas pouvoir acheter des pains de forme ronde chez les boulangers ce qui incite la mairie à sévir.

Enfin, dans la région, les maires doivent recenser les quantités de plus de 1 000 kg de graisses, huiles végétales, savons et glycérine avant le 1er octobre.


Municipalité


Villefranche-de-Rouergue prend des mesures sanitaires bienvenues en menaçant de mettre à la fourrière les poules, oies et canards qui circulent sur la voie publique et en rappelant que le fumier des écuries dans la ville doit être enlevé tous les huit jours et qu’il est interdit de constituer des tas d’ordure après le passage du "boueur". Il est également défendu d’encombrer les trottoirs et les rues par des barriques, voitures, brouettes et pots de fleurs. Mais les habitants du quartier haut de la ville se plaignent plutôt, "comme tous les étés", du manque d’eau dès 9 h.
À Toulouse, les parents sont informés qu’ils doivent venir chercher à 13 h à la préfecture leurs enfants ayant passé deux mois et demi en colonies de vacances dans les Pyrénées. Dans cette même ville, les autorités départementales et les associations s’écharpent encore au sujet de la démolition ou non du Pont Neuf.

Vie chère


Malgré l’augmentation récente de leurs traitements, les policiers demandent à la municipalité toulousaine de les augmenter à nouveau car "la hausse des prix des denrées est constante". C’est également le souhait des ouvriers mineurs de Carmaux qui veulent par ailleurs que l’allocation de vie chère de 2 F par jour qu’ils ont obtenue soit appliquée à partir du 1er avril dernier, menaçant, s’ils ne sont pas entendus, d’un possible arrêt de travail.

Quant à la corporation des hôteliers et restaurateurs de Toulouse, elle informe qu’en raison de "la hausse constante du vin et de toutes les denrées alimentaires", les boissons seront dorénavant payées en plus du prix du repas ou de la pension ce qui mécontente les consommateurs qui voient les prix monter.

Les plaintes affluent de partout. Elles concernent la distribution irrégulière du sucre, le poids déficitaire du pain, les tarifs abusifs des débitants… Beaucoup de familles n’ont pas encore reçu le sucre de septembre et le "sucre des confitures" a été distribué à certains endroits et pas à d’autres. De nombreux boulangers s’obstinent, malgré l’arrêté préfectoral, à ne pas peser le pain : la livre (environ 500 g) est, à certains endroits, à 400 voire 300 g ! Les débitants n’affichent pas les prix ce qui est une obligation et lorsqu’ils les affichent, ils ne correspondent pas à ceux payés, "sans que les municipalités s’en émeuvent". À Toulouse une épicerie est fermée par l’autorité préfectorale : l’épicière achetait à bas prix les denrées détournées par des employés de maisons de gros, peu scrupuleux, qui les dérobaient à leurs patrons.


Œuvres


Certaines personnes établies en Suisse proposent, moyennant finances, le retour de prisonniers en Allemagne. Aussi, les œuvres d’aides aux prisonniers français alertent-elle de ces agissements frauduleux.
Dans le Gers, 2 482 vieillards sont assistés par le département. Parmi eux, 2 294 reçoivent une assistance à domicile, 158 sont hospitalisés et trois sont placés dans des familles. On ne sait rien des 27 restants. Le service fonctionne avec 287 312 F provenant du département, des communes et de l’État. "Le contrôle montre que les vieillards sont bien soignés".

 

 

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