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Tarbes, présentation de la mission d’Inventaire

Située au cœur des Hautes-Pyrénées, la ville de Tarbes s’est particulièrement développée à partir du XIXe siècle. Dès 2014 une opération d’inventaire de son patrimoine a été engagée autour d’axes forts : le « quartier Fould », le patrimoine religieux et enfin les jardins remarquables.

19 février 2016
Auteur : Solenne Manueco

Une ville construite autour de l’artisanat et de l’agriculture

Principalement artisanale et agricole, la ville de Tarbes arbore dès le Moyen-Age une structure classique composée de 6 bourgs entourés de remparts selon un axe est-ouest. La cité est alors traversée de canaux qui font fonctionner tanneries, moulins à farine, moulins à foulon et quelques scieries. Des fossés comprenant parfois des écluses jouxtaient les rues alors dénommées des carrères. Ces éléments architecturaux perdurent jusqu’au XIXe siècle, période de restructuration des rues et de l’habitat, Tarbes est peu touchée par la 1ère Révolution Industrielle.

Un fort développement urbain à partir du XIX

La ville se construit autour des eaux de l’Adour et de la Cathédrale Notre-Dame-de-La-Sède, siège de l’Evêché, et s’étend peu à peu. Les transformations urbanistiques les plus emblématiques ont lieu au début du XIXe siècle, avec l’installation de la Préfecture des Hautes-Pyrénées et la construction de bâtiments civils importants.

« Tarbes a des avantages dignes de sa noblesse : une position délicieuse au milieu d’une plaine fertile, des environs où la nature déploie sa majesté dans les formes, son luxe dans les productions, un ciel serein, des aspects qui manquent aux capitales des Empires, voilà des titres qui donnent un nouveau lustre à son histoire » (Observations faites dans les Pyrénées pour servir de suite à des observations sur les alpes, Louis Ramond de Carbonnières, 1789, Belin, Paris).

A partir de la seconde moitié du XIXe siècle la ville se dote d’un paysage architectural inspiré du vocabulaire du bâti classique, qui se différencie fortement de l’architecture vernaculaire remarquable notamment à son appareillage en galets. Les constructions de bâtiments, de sculptures publiques et de fontaines monumentales se succèdent, témoignant du développement important de la cité.

Une ville militaire

C’est aussi à cette période que Tarbes se façonne une image de ville militaire avec l’apparition de casernes et la venue de régiments mais aussi, et de ville du cheval avec ses élevages, ses haras et ses courses annuelles à l’hippodrome de Laloubère. De même, c’est en 1871 que l’Arsenal, Atelier de Construction, est implanté à Tarbes.

Une opération d’inventaire engagée en 2014

Consciente de la qualité de son architecture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, est soucieuse de mieux la connaitre afin de mieux la préserver et de mieux la valoriser, la Ville a engagé une politique d’inventaire de son patrimoine mobilier et immobilier. L’opération d’inventaire de la Commune a débuté en 2014.

Une étude topographique ciblée

L’enquête concerne prioritairement le « Quartier Fould », quartier marqué par l’histoire de la famille du même nom dont Achille Fould (1800-1867), banquier et ministre d’Etat sous Napoléon III, a été le principal artisan dès son arrivée à Tarbes en 1848.
Donateur au musée Massey et membre de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, Achille Fould a également été un militant actif pour la création de la ligne ferroviaire Morcenx-Tarbes, étape importante pour le désenclavement de la ville.
Dans un premier temps, l’enquête consiste à recenser, rassembler et numériser la documentation concernant les biens immobiliers. La documentation réunie permettra l’étude des éléments bâtis remarquables, comme la Villa Fould, et ceux qui sont significatifs de séries architecturales.

Le patrimoine religieux, une enquête inédite

Dotée de nombreuses églises et couvents, Tarbes a vu son patrimoine religieux altéré suite aux guerres de religions, à la Révolution Française et à la transformation de l’urbanisme de la cité au XIXe siècle. La présente enquête a pour mission de répertorier et étudier le patrimoine mobilier religieux présent dans les églises et la Cathédrale de Tarbes.

Des jardins remarquables

Grâce à Placide Massey (1777-1853), la ville possède un jardin classé « remarquable » composé d’essences rares qui s’épanouissent dans une harmonie verdoyante. Ce botaniste, directeur des jardins de la Reine Hortense et ancien Directeur du potager de l’Orangerie du Parc de Versailles a rêvé d’installer, dans sa ville natale, son palais de style oriental, son jardin d’hiver au cœur d’un jardin d’Eden. Le projet est confié à l’architecte tarbais Jean-Jacques Latour (1812-1868).

Désormais emblématique, le jardin Massey et l’ensemble des jardins de la ville feront l’objet d’une publication et d’une étude approfondie.

Tarbes, qui vit naître de grandes personnalités comme le Maréchal Foch, Théophile Gautier et grandir le poète Isidore Ducasse, poursuit son programme d’études et de localisation de son patrimoine mobilier et immobilier pour mieux le connaître, mieux le protéger, mieux le respecter et mieux le valoriser.