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présentation de la commune

Relevées dans le Cartulaire de l'Abbaye de Beaulieu, les plus anciennes mentions du lieu de Biars remontent à la fin du 9e siècle. Dans plusieurs actes datés de 893, 895 et 971
Oeuvre non localisée

Historique

Commentaire historique :
Relevées dans le Cartulaire de l'Abbaye de Beaulieu, les plus anciennes mentions du lieu de Biars remontent à la fin du 9e siècle. Dans plusieurs actes datés de 893, 895 et 971, la localité est successivement qualifiée de "mansum", de "villa" et de "curtis", ce qui évoque un ancien centre domanial important. Ce dernier serait à l'origine d'une modeste occupation rurale collective et de la fixation d'un lieu de culte dépendant de l'abbaye de Beaulieu. Aux 9e et 10e siècles, ce domaine est cité dans les limites du Limousin, rattaché à la vicairie de Le Vert. Siège d'un prieuré attesté en 911, la circonscription religieuse est par la suite intégrée dans le diocèse de Cahors, illustrant un phénomène de fluctuation des frontières entre les anciens pagi avant la fixation des limites diocésaines définitives.
Du 9e au 11e siècle, Biars se situe aux marges du territoire d'abord placé sous l'autorité des comtes de Rouergue et de Quercy puis relevant de la suzeraineté des comtes de Toulouse. Cette région située aux confins du Limousin voit se constituer, au cours du 11e siècle, une importante seigneurie aux mains des barons de Castelnau. L'ensemble de ce territoire est rattaché à la Vicomté de Turenne au milieu du 12e siècle lorsque Raymond II de Turenne épouse, vers 1173, la fille de Bernard de Castelnau, qui reçoit Beaulieu et Gagnac en dot. Biars est dès lors englobé dans les dépendances de la châtellenie de Gagnac qui est définie autour d'un castrum édifié et contrôlé par le vicomte. Au 13e siècle, les barons de Castelnau tentent de reprendre la main sur la châtellenie mais elle retourne finalement dans le giron des vicomtes.
En 1738, la vicomté de Turenne est vendue à Louis XV et un arrêté du Conseil du 19 juillet 1768 divise la communauté de Castelnau en huit mandements : Biars (annexe de Gagnac), Bretenoux, Cornac, Girac, Glanes, Prudhomat, Saint-Michel et Tauriac.
Pendant la Révolution, Biars devient chef-lieu de commune. Dépendant du district de Saint-Céré, puis de l'arrondissement de Saint-Céré en 1800, elle fait partie des douze communes composant le canton de Bretenoux. L'ancien prieuré, érigé en doyenné avant 1399, devient paroisse annexe de Gagnac en 1803 puis paroisse en plein exercice en 1809. Dans un contexte général de plénitude démographique, la population de la commune augmente rapidement au début du 19e siècle, passant de 206 habitants en 1800 à 307 en 1821, et 309 en 1831, soit une augmentation de 50 % en 30 ans. La démographie se maintient ensuite globalement autour de 300 habitants jusqu'à la fin du 19e siècle.
Caractérisés, depuis au moins le 18e siècle, par une prédominance de la culture de la vigne, le paysage et l'économie rurale connaissent une évolution importante à la fin 19e siècle. La crise du vignoble, causée par les maladies cryptogamiques (champignons, phylloxéra), touche fortement la région, en particulier sur les coteaux et dans la vallée de la Cère. Ce contexte explique sans doute en partie la légère chute démographique observée après 1876 (304 habitants en 1876 et 266 en 1881, soit une baisse d'environ 14 %) : elle traduit un exode rural qui concerne l'ensemble des anciens terroirs viticoles du nord du Lot.
Cependant, contrairement à d'autres localités du département, Biars se relève rapidement de cette crise. En premier lieu, l'économie viticole cède la place à l'élevage bovin intensif, dont témoignent les vastes granges-étables construites entre la fin 19e et le début du 20e siècle, et à une agriculture maraîchère particulièrement adaptée au contexte naturel de vallée alluviale. Par ailleurs, une série d'aménagements apporte à cet ancien territoire rural de véritables atouts économiques qui contribuent à l'essor du bourg : la construction, en 1828, de la Route Nationale 140 qui traverse l'ancienne plaine agricole, puis la création de la ligne ferroviaire de Souillac à Viescamp-sous-Jallès dans les années 1889-1891. La localité de Bretenoux ayant rejeté le projet, la commune de Biars est choisie pour l'implantation d'une gare de voyageurs et de marchandises qui est inaugurée en mai 1891. Ces nouvelles voies de communication font entrer la commune dans une nouvelle ère dès la fin du 19e siècle. Le développement des échanges à partir de la gare de marchandises permet d'expédier en masse les productions maraîchères et arboricole locales (fraises, noix, marrons, pommes, prunes reine-claude) et de faire venir machines agricoles et animaux d'élevage, ce qui facilite la réorientation et l'essor de l'économie agricole. L'arrivée du train porte également le développement du commerce local. Huit foires annuelles sont tenues dès 1891, nécessitant l'aménagement d'un premier champ de foire à proximité du quartier de la gare en 1908, puis d'un deuxième en 1924 (Arch. départementales du Lot, 2 O 49/7). A Biars comme dans les agglomérations environnantes, de nombreux négociateurs s'installent pour expédier d'importants tonnages de matières premières ou de produits semi-transformés et conditionnés sur place (cerneaux de noix). Une hausse démographique est perceptible dès les années 1890 et s'accentue particulièrement à partir des années 1920, durant la période de l'entre-deux-guerres. En 1923, la commune organise l'installation du réseau électrique qui dessert l'ancien bourg, le quartier de la gare ainsi que les maisons implantées le long de voies reliant ces deux entités (Arch. départementales du Lot, 2 O 49/6).
Au début de la deuxième guerre mondiale, les transports de marchandises sont stoppés et les moyens ferroviaires sont réquisitionnés. Ce contexte favorise l'implantation de confitureries dans les années 1930-1940 par les familles Boin et Chapoulard-Gervoson. D'abord artisanale, l'activité devient rapidement industrielle et se développe particulièrement à la fin des années 60, contribuant à l'émergence d'un bassin économique dynamique dans le nord du Lot.

Description

Commentaire descriptif :
Délimité au sud par la rivière, le territoire de la commune de Biars-sur-Cère est entièrement occupé par la plaine alluvionnaire de la Cère qui s'étend, à 140 m d'altitude environ, entre les coteaux de Glanes, au sud-est, et le versant de la vallée de la Dordogne marquant la limite avec la Corrèze, au nord-ouest.
Les espaces bâtis s'articulent autour de l'ancien réseau de chemins que sont venues recouper la Route Nationale 140, déclassée en Route Départementale 940, et la voie ferrée de Brive à Aurillac (ancienne voie de Souillac à Viescamp-sous-Jallès). Ces deux axes ont fortement contraint l'extension de l'agglomération à partir de la fin du 19e siècle, structurant une trame bâtie très étendue mais discontinue qui caractérise un tissu urbain très lâche caractéristique d'un processus de rurbanisation.
Le noyau d'habitat primitif se situe à l'écart des quartiers industriels et urbanisés : il s'agit d'une modeste agglomération rurale implantée de façon inorganique sur les rives de la Cère, près de l'ancienne église. Le territoire compte également deux anciens hameaux constitués de fermes, également bâties en bordure de la Cère, qui apparaissent sur la carte de Cassini au 18e siècle : Carla, cité en 1622 dans la paroisse de Biars (AD 46, 32 J 3-2), et le Port de Lacaze (ou Port de la Caze d'après la toponymie ancienne).
Entre ces différentes entités, des lotissements et des quartiers pavillonnaires se sont progressivement implantés entre les années 1900 et le début du 21e siècle, jusqu'à occuper aujourd'hui les deux tiers du territoire communal. De l'ancien paysage maraîcher du 19e siècle ne subsiste qu'un ensemble de parcelles plantées de maïs et de noyers formant une unité foncière agricole homogène. Au nord de la commune, une vaste zone industrielle créée en 1966 s'étend entre la voie ferrée et l'actuelle Route Départementale. Elle a notamment accueilli les usines agroalimentaires Andros et Boin-Materne (actuellement filiale du groupe Andros), fondées dans les années 1930-1940 et initialement implantées dans le quartier de la gare, à proximité de la halle à marchandises.
Fière de son dynamisme économique, notamment lié à la présence de la plus grande industrie de compote et de confiture de France, Biars-sur-Cère compte actuellement parmi les dix communes lotoises de plus de 2 000 habitants.

Localisation

Commune :
Biars-sur-Cère
Aire d'étude :
canton de Bretenoux
Cours d'eau :
Cère (La)

Oeuvres liées

Aucun dossier n'est lié à cette notice.


Illustrations


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602394NUCA - Extrait du plan cadastral de Biars de 1818, tableau d'assemblage. Vue d'ensemble de la commune avant la création de la Route Nationale et de la voie ferrée. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602395NUCA - Plan de la commune de Biars dressé en 1891, à l'occasion de la construction d'une maison d'école. Vue d'ensemble du territoire après la création de la Route Nationale et de la voie ferrée. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602396NUCA - Plan de la commune de Biars dressé en 1922, à l'occasion de l'implantation du réseau électrique. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602397NUCA - Vue aérienne de la commune de Biars (IGN, 2012). - Cassan, Elodie (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602400NUCA - Biars-sur-Cère, extrait de la carte IGN (IGN, 2012). - Cassan, Elodie (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), présentation de la commune.
Référence : IVD46_20134602402NUCA - Extrait de la carte de l'Etat Major, vers 1835-1845. Vue d'ensemble de la commune de Biars après la création de la Route Nationale 140 (IGN, 2012). - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Documents liés

Bibliographie :
"Biars-sur-Cère : l'Eden et après ou la genèse d'un siècle d'expansion débridée", Dire Lot, n° 61, décembre 1996, janvier 1997.
Maisons et dépendances, le patrimoine bâti au pays de la vallée de la Dordogne lotoise, Pays d'art et d'histoire de la vallée de la Dordogne lotoise, juillet 2009, 60 p.
Banaudo (J.), Sur les rails de la région Midi-Pyrénées, volume 1 : entre Dordogne et Garonne, les éditions du cabri, 2010, p. 35-36.
Chantraine (C.), Jaillet (Ch.), Le Lot : jardin du Ségala, St-Céré, Bretenoux, Beaulieu, Collonges-la-Rouge, Turenne, les Editions du Laquet, 1994, col. Tourisme et Patrimoine, p. 23.
Clary (abbé), Dictionnaire des paroisses du diocèse de Cahors, Cahors, Imp. Tardy, 1986, p. 33.
Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement, Les sous-entités paysagères, 4 - Les Limargues, CAUE du Lot, mai 1997.
Combarieu (L.), Dictionnaire des communes du Lot, Cahors, Laytou, 1881 (réédité Cahors, Ed. Quercy-Recherche, 1979-1994), p. 21.
Deloche (M.), Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, Paris, Imprimerie Impériale, 1859, p. 92, 112, 141.
Direction Départementale des Territoires du Lot, Le nord du Lot, un territoire, des territoires... au coeur de l'espace rural, juin 2010 [En ligne].
Gisclard (Ph.), Glaise (Ch.), Commune de Biars sur Cère, Note d'enjeux en vue de révision du POS et sa transformation en PLU, Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine du Lot, mai 2010 [En ligne].
Guély (M.), Gagnac au Moyen Age, Association Culture et Patrimoine à Gagnac - LE CEP, Tome I, 2002.
Hadjadj-Jadaud (J.), Recensement des fermes entre Cère et Dordogne, dossier de synthèse, Conseil Général du Lot, janvier 2013.
Lacabane (L.), "Observations sur la géographie et l'histoire du Quercy et du Limousin, à propos de la publication du cartulaire de Beaulieu", Bibliothèque de l'école des chartes, 1860, tome 21. pp. 305-338.
Quercy.net (d'après J. Mattei). "Le chemin de fer dans le Lot. Quelques jalons d'histoire" [En ligne] http://www.quercy.net/patrimoine/chemin_fer/ (consulté le 15 janvier 2013).
Wikipédia. "Ligne de Souillac à Viescamp-sous-Jallès" [En ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_Souillac_%C3%A0_Viescamp-sous-Jall%C3%A8s (consulté le 9 janvier 2013).

Informations complémentaires

Nom du pays :
Pays de la Vallée de la Dordogne lotoise
Sources :
Archives Nationales : Reconnaissances des tenanciers du chapitre de Cahors à Gagnac et Biars, 1518 (Q1 148) ; Reconnaissances d'héritages sis aux terroirs de Puybrun, Carennac, Félines, Biars, etc., dépendant de la baronnie de Castelnau-de-Bretenoux, 1508-1524 (Q1 6022).
Archives départementales du Lot, administration communale : pièces liées à la construction d'une école mixte, 1886-1894 (2 O 49/1) ; pièces liées à la construction d'un groupe scolaire, 1932-1938 (2 O 49/1) ; pièces liées à la construction de la mairie et d'un bureau de poste , 1930-1932 (2 O 49/2) ; pièces liées à l'éclairage public, 1922-1923 (2 O 49/6) ; pièces liées à la construction de champs de foire, 1908, 1909, 1924 (2 O 49/7).
Archives départementales du Lot, cadastres : cadastre de Biars-sur-Cère, 1818 (3P 2533) ; état de sections, 1825 (3P 213).
Archives départementales du Lot, fonds privés de Montmirail : testament de Guibert dit Breton la Poujade, alias Carlat, originaire de Biars, 1511 (copie 18e siècle, 32 J 3 - 1) ; afferme par noble Guy de Montmirail, de son domaine et sa métairie aux appartenances de Bretenoux, à Jean Lacaze et Blaise Dayma, du village de Carlat, paroisse de Biars, 1622 (32 J 3 - 2).
Référence :
IA46105724
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Cassan Elodie
Date de publication :
2013
Date de mise à jour :
2014/06/30
Conseil général du Lot