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demeure dite maison des prieurs

La demeure est traditionnellement identifiée comme une résidence des prieurs de Catus. D'après L. de Valon, la demeure aurait été commanditée par François de Toucheboeuf qui

Historique

Datation principale :
limite 15e siècle 16e siècle
Datation secondaire :
milieu 19e siècle
Commentaire historique :
La demeure est traditionnellement identifiée comme une résidence des prieurs de Catus. D'après L. de Valon, la demeure aurait été commanditée par François de Toucheboeuf qui est à la tête du prieuré de 1558 à 1610. Sans citer ses sources, il affirme que l'édifice aurait été achevé vers 1580 pour remplacer l'ancien château et qu'il renfermerait une cheminée ornée des armes de la famille de Clermont-Toucheboeuf (Valon 1904, 557 ; Coulon 207, 94). Plusieurs éléments permettent de remettre en cause cette hypothèse relayée par la tradition orale.
En premier lieu, la chronologie proposée paraît tardive au regard des caractères constructifs et ornementaux de l'ensemble bâti : le plan et l'organisation intérieure, les fenêtres moulurées et les aménagements domestiques accusent plutôt une datation de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle.
Par ailleurs, les armoiries effectivement conservées sur la cheminée de la salle ne peuvent en aucun cas être attribuées aux Toucheboeuf ("à deux boeufs d'or passant l'un au-dessus de l'autre"), ni aux autres prieurs de la première moitié du 16e siècle dont les armes figurent sur les clés de voûte de l'ancien prieuré Saint-Jean (Antoine de Luzech et Jacques de Miolans). Il pourrait s'agir, en revanche, des armoiries de la famille de Gauthier (ou Gautier), originaire du Rouergue, dont plusieurs membres apparaissent dans les sources de la deuxième moitié du 15e siècle concernant des cens et fiefs acquis au sud de la basse vallée du Lot (cf. description). Antoine Gautier, seigneur de Savignac près de Villefranche-de-Rouergue, obtient notamment, en 1462, la seigneurie de Saint-Médard, dont la justice reviendra toutefois très vite aux barons de Luzech (Lartigaut 477). Seigneur de Montfaucon dès 1452, Gisbert Gautier achète plusieurs cens au sud du Lot et prend, dès 1467, la qualité de bourgeois après son mariage avec une héritière de la famille Buffet issue de la grande bourgeoisie de Cahors (Idem 477). Un membre de la même famille (son fils ?), Noble Olivier Gauthier alias de Buffet déclare, en 1504, posséder plusieurs biens dans la région de Castelnau-Montratier et des cens nobles à Cahors (Alauzier 1984, 278). Cette famille ou l'une de ses branches cadettes pourrait donc être à l'origine de la construction de cette petite résidence aristocratique au centre du bourg de Catus, à la fin du 15e siècle ou au début du siècle suivant.
La demeure accueille la gendarmerie au milieu du 19e siècle et fait, à cette occasion, l'objet de travaux modifiant profondément les façades antérieure et postérieure, ainsi que les dépendances sur cour. Cette reconversion a toutefois épargné la structure et l'organisation intérieure, ainsi qu'une grande partie des aménagements domestiques. L'ensemble abrite actuellement plusieurs logements.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
calcaire ; moellon ; pierre de taille
Matériaux de la couverture :
tuile plate ; tuile plate mécanique
Vaisseau(x) et étage(s) :
2 étages carrés
Forme de la couverture :
toit conique ; toit polygonal
Escalier :
escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Commentaire descriptif :
La demeure est implantée au centre du bourg de Catus, occupant la moitié nord d'un îlot délimité par l'actuelle place de la Poste, au nord-ouest, la rue du Pont, à l'ouest, et l'impasse de la Tour, au nord et nord-est. Elle se compose d'un corps de logis, situé à l'angle sud-est de la place, et de dépendances ou communs organisés autour d'une cour intérieure qui est desservie, depuis la place, par l'impasse de la Tour.
Au corps de logis correspond un édifice de plan massé à pan coupé, flanqué à l'est d'une tour d'escalier hors-oeuvre ouvrant sur la cour intérieure. Le corps principal est couvert d'un toit polygonal refait en tuiles plates mécaniques, tandis que la tour d'escalier possède une toiture conique en tuile plate. La structure est formée de murs maçonnés, parementés de plaquettes, dalles et moellons sommairement équarris de calcaire qui sont montés en assises irrégulières. La façade principale bordant la place se distingue des élévations latérale et postérieure par un appareil réglé en pierre de taille de calcaire. La partie basse, partiellement bâtie en moellon et piquetée, était vraisemblablement prévue pour être enduite, à la différence des deux niveaux supérieurs dont l'appareil très soigné était sans doute laissé apparent. L'angle nord-ouest, matérialisant le débouché de l'impasse sur la place, est animé d'un chanfrein amorti en congé pyramidal.
Les élévations extérieures du corps principal sont à trois niveaux tandis que la tour d'escalier s'élève sur quatre niveaux. La façade antérieure sur la place et la rue du Pont a été largement transformée : seule une baie de boutique à encadrement chanfreiné en arc segmentaire, percée sur la partie gauche de l'élévation principale, semble se rattacher à l'état initial. Elle était probablement accostée d'une deuxième arcade, transformée en porte piétonne, dont il ne subsiste qu'une partie de l'arc segmentaire chanfreiné. Des traces de portes ou d'arcades sont également visibles sur la partie sud de l'élévation sur rue. Les fenêtres des deux niveaux supérieurs, percées au centre de chacun des pans de la façade, ont été détruites et remplacées par des fenêtres rectangulaires au 19e siècle. La façade postérieure sur cour a également été remaniée à la même période, mais les ouvertures d'origine sont encore visibles sur la façade nord, bordant l'impasse de la Tour, ainsi que sur la tour d'escalier : porte en arc déprimé, à baguettes croisées aux angles et à bases prismatiques au premier niveau de la tour, demi-croisées à baguettes croisées et bases prismatiques au deuxième et troisième niveaux des deux corps de bâtiment, petites fenêtres moulurées en double cavet au dernier niveau de la tour d'escalier.
Le rez-de-chaussée et les deux étages du corps principal sont scindés en deux parties, correspondant aux deux pans de la façade principale, par un mur de refend maçonné qui monte de fond en comble. De part et d'autre du refend se répartissent une ou plusieurs boutique(s) ainsi qu'une pièce avec évier et cheminée au rez-de-chaussée, et plusieurs pièces de vie aux deux étages. La salle principale semble avoir été installée dans la partie nord du premier étage où subsiste une cheminée monumentale à linteau mouluré arrondi sur piédroits à colonnettes et bases prismatiques. Sur le linteau est sculpté un écu armorié pouvant être attribué à la famille de Gauthier. La cheminée du rez-de-chaussée est engagée dans le mur mitoyen sud et dotée d'un linteau chanfreiné à crossettes. Elle est accostée d'un évier installé dans une large niche en arc brisé qui suggère une fonction de pièce de service (cuisine ?). Un placard en arc segmentaire est aménagé dans le mur de refend au niveau du comble.
Plusieurs fragments sculptés en bas-relief et ajourés, découverts lors de travaux de dégagement d'une citerne, sont déposés dans la cour et au rez-de-chaussée de la tour. Figurant deux anges portant un objet disparu (?) ou ornés de motifs de rose épanouie, de feuille et de branche écotée sur un fond réticulé, ils pourraient provenir, du moins pour certains d'entre eux, d'un dessus-de-porte ou d'un gâble de style gothique flamboyant. L'emplacement initial de ce décor sculpté reste inconnu, mais il semble cohérent, d'un point de vue stylistique, avec la chronologie de construction de l'édifice. Pourtant, les traces d'arrachement et de reprise observées sur les différentes façades ne permettent pas de restituer, au niveau du corps de logis, une porte monumentale ornée d'un gâble ou d'un dessus-de-porte sculpté. En revanche, le mur de clôture de la cour intérieure, largement voire entièrement reconstruit au 19e siècle, était probablement pourvu d'un portail gothique dont pourraient provenir les fragments déposés lors des travaux de transformation de la demeure.
D'autres fragments lapidaires proviennent de piliers prismatiques ou de voûtes d'ogives dont la provenance est également inconnue.
Technique du décor :
sculpture
Représentation :
armoiries
Précision sur la représentation :
La cheminée de la salle de l'étage est ornée d'un écu armorié. Les armoiries peuvent être identifiées comme celles de la famille de Gauthier (Esquieu 2003, 120) : écartelé aux 1 et 4 d'(azur), au château de trois tours d'(argent) carrées, crénelées, celle du milieu plus exhaussée et ajourée, maçonné de (sable), à la bordure de (...) ; aux 2 et 3 d'(argent) à trois fasces d'(azur). Elle présentent la particularité d'avoir été modernisées par une accolade surmontant la porte du château, qui s'inscrit en cohérence avec le style architectural et ornemental de la demeure.
Etat de conservation :
remanié

Localisation

Commune :
Catus
Adresse :
Poste (place de la) ; Tour (impasse de la)
Aire d'étude :
Lot
Référence cadastrale :
1809 C ; 2011 AC 224
Milieu d'implantation :
en village

Oeuvres liées

Aucun dossier n'est lié à cette notice.


Documents liés

Bibliographie :
Alauzier (Louis d'), "Le dénombrement de 1504 en Quercy pour le ban et l'arrière-ban", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CV, 1984, p. 278 (fol. 135 v.).
Coulon (Jean), Catus en Quercy - des origines au XIXème siècle, Editeur Jean Coulon, 2007, p. 94.
Lartigaut (Jean), Les campagnes du Quercy après la guerre de Cent ans (vers 1440 - vers 1500), Toulouse, Publications de l'Université de Toulouse-Le Mirail, 1978, p. 477 et 566.
Valon (Ludovic de), "Prieuré de Catus, essai historique et archéologique", dans Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, t. 26, 1904, p. 557.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Parc Naturel Régional des Causses du Quercy
Référence :
IA46105718
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Cassan Elodie
Date de publication :
2014
Date de mise à jour :
2015/01/22
Conseil général du Lot