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église paroissiale Saint-Maur

De l'église romane fondée par le doyen du monastère de Souillac, il ne subsiste que le portail avec son tympan sculpté du milieu du 12e siècle. Il représente la seconde Parou

Historique

Datation principale :
milieu 12e siècle
Auteur de l'oeuvre :
Jaufre J. (maître de l'oeuvre) ; Rauli Jean (maître de l'oeuvre) ; Jauffre Etienne (maître de l'oeuvre) ; Jauffre Guillaume (maître de l'oeuvre) ; Petit Jehan M. (tailleur de pierre) ; Rigo M. (maître maçon) ; Puech Ferran Jean (maître de l'oeuvre)
Justification de l'attribution :
attribution par source
Commentaire historique :
Notre connaissance de l'église Saint-Maur a été largement renouvelée en 1993 par Marie-Pasquine Subes-Picot, qui lui a consacré une importante étude tout en rappelant que l'analyse archéologique de l'édifice restait à faire.
Les origines de Saint-Maur se trouveraient peut-être dans un établissement bénédictin, ce que laisse penser son vocable et que semble confirmer le fait que la cure ait été à la collation du doyen puis de l'abbé de Souillac. Elle est mentionnée comme église paroissiale au milieu du 13e siècle, se substituant à l'église Sainte-Marie-Madeleine qui se trouvait, semble-t-il, au milieu de cimetière, non loin de Saint-Maur (Clary, 1986). Du premier édifice ne subsistent que les élévations orientales des bras du transept et le portail occidental, que la sculpture de son tympan situe vers 1150.
La reconstruction qui est engagée au début du 14e siècle est due, comme à Gourdon, à l'initiative des consuls. Envisagés dès 1303, les travaux ne débutent qu'après la venue du maître d'oeuvre J. Jaufre, en mai 1314. Trois autres maîtres sont nommés en 1323 : Jean Rauli de Brive, Etienne Jauffre de Figeac et son frère Guillaume. Avec peut-être une interruption entre 1333 et 1338, le chantier se poursuit jusqu'en 1345, alors que commence la guerre de Cent ans et que l'on se préoccupe de renforcer les défenses de la ville. Les travaux ont en effet porté sur le chevet, partie intégrante de la première enceinte.
Vers 1480, soit quelque trente ans après la fin de la guerre de Cent ans, l'église Saint-Maur est dite "ruynée par l'usure du temps et réduite en semblance d'une grange". L'ampleur des travaux réalisés de 1493 à 1518 confirme le mauvais état de l'église. Les murs du chevet et des bras de transept sont surélevés et les voûtes sont achevées ou reconstruites ; quant à la nef et ses chapelles latérales, elles semblent appartenir entièrement à cette campagne de travaux, qui s'accompagne de la pose de vitraux et de la réalisation de décors peints.
La seconde étape des travaux du 16e siècle concerne la reconstruction du clocher, qui est confiée en 1521 à M. Petit Jehan, peyrier de Sarlat, et à M. Rigo, maître maçon. Dès le mois de mai 1522, la pierre de taille venant à manquer, il est décidé de poursuivre en moellon, sauf pour les contreforts. Un nouveau prix-fait est établi en 1523, et c'est Jean Puech Ferran qui dirige la construction des niveaux supérieurs du clocher qu'il fait visiter en 1525 au maître qui a bâti l'église Saint-Martin de Souillac. Plusieurs projets sont encore étudiés pour le lanternon, dont un présenté par Esclacha, maçon de Sarlat, mais le clocher restera finalement inachevé.
Au tout début du 20e siècle, en 1902, l'architecte de Bergerac L. Jammet présente un projet de restauration qui est sévèrement critiqué par le comité des inspecteurs des édifices diocésains et paroissiaux et qui n'est de ce fait pas réalisé. Après le classement de l'église en 1906, c'est l'architecte Chaine qui engage en 1909 la première campagne de travaux placée sous le contrôle du service des Monuments historiques.
Notice succincte :
De l'église romane fondée par le doyen du monastère de Souillac, il ne subsiste que le portail avec son tympan sculpté du milieu du 12e siècle. Il représente la seconde Parousie du Christ et l'imminence du Jugement dernier évoqué par les ressuscités sortant de leur tombeau, les anges sonnant de la trompette ou tenant les clous, la couronne d'épines et la lance. L'église gothique qui la remplace fut construite pendant la première moitié du 14e siècle puis largement reprise à la fin de la guerre de Cent ans et augmentée, au début du 16e siècle, d'une tour-clocher, véritable tour de défense. L'église, intégrée à l'est au mur d'enceinte de la ville, possède des chambres de guet au sommet des contreforts et une bretèche défendant la grande baie du chevet. L'intérieur offre les caractéristiques de l'art gothique méridional : ample nef unique bordée de chapelles entre les contreforts, voûtes sur croisée d'ogives à liernes et tiercerons. Les culots d'ogives et les impostes des arcs sont sculptés de végétaux ou de personnages fantaisistes. Les peintures du 19e siècle, récemment restaurées, qui ornent les murs et les voûtes, restituent l'aspect coloré du Moyen Age. Le vitrail central de l'abside, du début du 16e siècle, montre des scènes de la Passion du Christ. Un remarquable ensemble de panneaux peints du 18e siècle orne le choeur. Un Christ en croix du 15e siècle et une Pietà du 18e siècle complètent ce mobilier.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
calcaire ; pierre de taille ; moellon
Matériaux de la couverture :
tuile plate ; ardoise
Plan :
plan en croix latine
Vaisseau(x) et étage(s) :
1 vaisseau
Voûtes :
voûte d'ogives
Forme de la couverture :
toit à longs pans ; pignon découvert
Commentaire descriptif :
L'église se trouve à l'extrémité orientale du premier noyau de la ville, en bordure de la Grand-rue. Une partie de son chevet est bâtie sur le tracé de l'enceinte, ce qui explique la plus grande épaisseur des murs à cet endroit, ainsi que la présence de guettes au sommet des contreforts rayonnants et la bretèche qui protège la grande baie d'axe. La pierre de taille permet de reconnaître ce qui subsiste des constructions de la première moitié du 14e siècle, alors que les surélévations des années 1493-1518 sont en moellon.
Vue depuis la Grand-rue, à l'ouest, l'église se signale d'abord par sa tour-clocher que les consuls semblent avoir voulu comme un donjon, et dont l'emplacement et la forme évoquent plusieurs clochers-porches à peu près contemporains mais surtout celui de Saint-Martin de Souillac avec ses très épais contreforts diagonaux. Le porche précède le portail roman qui est resté l'entrée principale de l'église. L'édifice s'inscrit dans la tradition du gothique méridional, avec une vaste nef unique bordée de chapelles prises entre les contreforts, qui pouvait permettre aux consuls de réunir des assemblées nombreuses. L'église est entièrement voûtée d'ogives, à liernes et clefs multiples pour les trois travées de la nef et les deux travées de la croisée et du choeur qui forment un seul volume. Seule la sacristie, ancienne chapelle Saint-Jacques, a conservé sa croisée d'ogives du début du 14e siècle, dont les nervures retombent par l'intermédiaire de chapiteaux seulement moulurés sur des colonnettes tronquées à culots.
Technique du décor :
sculpture
Représentation :
tête humaine ; armoiries ; résurrection des morts
Précision sur la représentation :
Le tympan roman représente la Résurrection des morts. Au-dessus d'un linteau parcouru d'un rinceau à grosses fleurs épanouies et fruits grenus auquel se mêlent des oiseaux, le Christ trônant et montrant ses plaies est entouré de deux anges présentant les instruments de la Passion. Au son des trompettes de deux autres anges, les ressuscités sortent de leurs tombeaux. L'iconographie et le style situent le tympan de Martel à la confluence de l'art roman du Sud-Ouest et du premier art gothique.
Les culots de la sacristie sont sculptés de têtes humaines.
Armoiries de Martel aux clefs de voûte du faux-transept : de (gueules) à trois marteaux (d'or).

Localisation

Commune :
Martel
Aire d'étude :
Lot
Référence cadastrale :
2011 BC 400
Milieu d'implantation :
en ville

Oeuvres liées

Aucun dossier n'est lié à cette notice.


Illustrations


Martel (Lot), église paroissiale Saint-Maur.
Référence : IVR73_20114608821NUCA - La tour-clocher vue depuis la rue de l'Eglise, à l'ouest. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Martel (Lot), église paroissiale Saint-Maur.
Référence : IVR73_20114608819NUDA - Extrait du plan cadastral 2011 BC. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Martel (Lot), église paroissiale Saint-Maur.
Référence : IVR73_20114608820NUCA - La tour-clocher vue depuis la rue Droite, à l'ouest. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Documents liés

Bibliographie :
Clary (Abbé), Dictionnaire des paroisses du diocèse de Cahors, Cahors, Imp. Tardy, 1986, p. 182-183.
Chaumet (Marie-Pierre), Inventaire des églises médiévales du canton de Martel (Lot), mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction d'Yves Bruand et d'Henri Pradalier, Université de Toulouse-Le Mirail, 1991, t. I, Texte, p. 99-116, t. II, Illustrations, p. 123-146.
Subes-Picot (Marie-Pasquine), Eglise Saint-Maur de Martel, dans Congrès archéologique de France, 147e session, 1989. Quercy, Paris, S.F.A., 1993, p. 365-390.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Pays de la Vallée de la Dordogne lotoise
Référence :
IA46101381
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Séraphin Gilles ; Scellès Maurice ; Pêcheur Anne-Marie
Date de publication :
2011
Date de mise à jour :
2013/10/03
Date de la protection :
1906/07/26 : classé MH
Référence de la notice M.H. :
PA00095160
Conseil général du Lot