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ancien village et ville de Biars

Jusqu'à la fin du 19e siècle, l'habitat se concentre majoritairement sur les rives de la Cère, dans l'actuel "bourg" de Biars. Les vestiges largement remaniés de l'ancienne ég
Oeuvre non localisée

Historique

Datation principale :
Moyen Age ; Temps modernes ; 19e siècle ; 20e siècle
Commentaire historique :
Jusqu'à la fin du 19e siècle, l'habitat se concentre majoritairement sur les rives de la Cère, dans l'actuel "bourg" de Biars. Les vestiges largement remaniés de l'ancienne église paroissiale et une maison du 15e siècle conservée sur deux niveaux attestent une occupation médiévale. Les structures datant de la période moderne sont plus nombreuses mais une grande majorité du bâti conservé au niveau du noyau ancien date du 18e et du début du 19e siècle. Il s'agit essentiellement de maisons de type rural bâties en moellons calcaires et/ou en pan de bois, avec habitation en hauteur au dessus d'un premier niveau dévolu aux fonctions agricoles ou de stockage. Peu de bâtiments agricoles datant de cette période et figurant au cadastre de 1818 sont actuellement conservés dans leur état d'origine : nombre d'entre eux ont été détruits ou largement transformés au cours du 19e siècle ou au début du 20e siècle. A la rencontre des chemins qui desservent ces habitats paysans ou fermes, un ancien four collectif marquait le centre symbolique de l'agglomération et de la communauté.
Rares sont les maisons nouvellement construites au coeur du bourg après le premier quart du 19e siècle. En revanche, les édifices en place font l'objet de reconstructions, de remaniements, de regroupements ou d'extensions qui traduisent une amélioration du niveau de vie des propriétaires. Par ailleurs, le bâti agricole se densifie : plusieurs dépendances à fonction agricole sont construites - ou reconstruites - après le premier quart du 19e siècle. La plupart des granges ou granges-étables conservées dans le bourg et dans les hameaux voisins ont ainsi été édifiées entre 1825 et la fin des années 1930. Elles accompagnent désormais de façon presque systématique les logis, associées à diverses dépendances : remises, petits fenils, soues à cochons ou séchoirs. L'importance croissante de ce bâti spécialisé reflète la modernisation du monde rural et l'intensification de la production agricole, mais elle traduit aussi une continuité dans la fonction du bourg qui reste étroitement lié à l'exploitation du terroir.
Avant l'ouverture de la voie ferrée, quelques maisons individuelles sont bâties le long de l'ancienne Route Nationale 140, à proximité du croisement des anciens chemins de communication. Trois édifices bâtis en moellons calcaires témoignent encore d'une première occupation de ce secteur dans le dernier quart du 19e siècle. A partir de 1891, la gare forme le noyau d'un nouveau quartier industriel et commerçant dynamique, à l'origine du faciès actuel de l'agglomération. L'ensemble ferroviaire est associé à un vaste chantier d'imprégnation de traverses de chemin de fer, implanté le long de la voie ferré dans les années 1890-1895 par la Société privée Carel et Fouché. Le dynamisme économique de ce noyau en fait un pôle structurant dans le processus d'urbanisation de la plaine, à l'écart de l'habitat primitif. De nombreuses maisons avec boutiques ou café au rez-de-chaussée, ainsi que des hôtels-restaurants, sont construits autour de ce pôle dès l'extrême fin du 19e siècle et dans les années 1900, témoignant d'un développement des activités commerciales et d'un mode de vie urbain. Le nouveau quartier de la gare s'étend rapidement vers le Nord, le long de la Route Nationale qui reste un axe structurant. Dès 1891, l'augmentation de la population et la grande réforme de l'Ecole sous la IIIe République rendent nécessaire la construction d'une nouvelle maison d'école, projet vivement encouragé par des subventions et des taux avantageux accordés par l'Etat à cette époque. Achevé en 1893, le bâtiment s'élève à l'écart du noyau bâti ancien, en bordure d'un chemin reliant le bourg de Biars à la Route Nationale 140 et à la gare nouvellement construite. Il traduit une dynamique de réorientation de l'habitat, de la vie sociale et des activités en direction du quartier de la gare. Entre 1910 et 1940, l'extension de l'agglomération s'opère progressivement à partir du noyau implanté autour de la gare et en direction de l'ancien bourg, en suivant les voies de liaison. Le plan de distribution du réseau électrique, dressé en 1922 ou 1923, montre une trame bâtie déjà étendue dans le quartier de la gare et en bordure de la Route Nationale, ainsi que des occupations plus disparates le long des anciennes voies menant vers le bourg. Cette urbanisation lâche, représentative du phénomène de "rurbanisation" tel qu'il est défini par les géographes, se fait aux dépends de l'ancien terroir agricole. Parmi les nouvelles constructions isolées, quelques exemples de villas ou de maisons bourgeoises élaborées se démarquent au sein du tissu bâti.
L'évolution du paysage des années 1900 aux années 1930 résulte de deux processus différents et complémentaires. Il consiste, d'une part, en un développement spontané qui se traduit par la construction de maisons isolées sur d'anciennes parcelles agricoles. L'agglomération fait par ailleurs l'objet d'aménagements plus homogènes et canalisés dès les années 1910. Ils concernent en premier lieu les espaces non urbanisés traversés par la Route Nationale, puis amorcent un développement de l'urbanisation en direction de l'ancien bourg. Un premier lotissement semble ainsi réalisé autour de 1910 sur de vastes parcelles agricoles, à l'extrémité nord de la commune. Une deuxième opération d'allotissement semble être à l'origine de la formation d'un quartier au bâti caractéristique des années 1920 et au parcellaire régulier qui s'étend au sud-ouest, de part et d'autre de la Route Nationale. Au début des années 1930, deux lotissements sont implantés au débouché des voies de liaison entre le quartier de la gare et l'ancien bourg sur la Route Nationale, renforçant l'articulation entre les deux entités. Le premier est probablement réalisé peu avant 1930, en bordure d'un ancien chemin menant au noyau primitif de l'agglomération. Le deuxième est créé peu après la construction, entre 1931 et 1934, d'une nouvelle route entre le bourg et le centre du quartier de la gare. Ces lotissements sont caractérisés par une trame bâtie très lâche et par une architecture pavillonnaire semblable à celle que l'on retrouve, pour la période de l'entre-deux-guerres dans d'autres régions de France. Outre un essor démographique lié au dynamisme du quartier commercial et industriel, le contexte politique et social de l'époque explique l'extension rapide de la trame urbaine dans les années 1920-1930. En effet, dès la fin du 19e et au début du 20e siècle, face à la crise et à la précarité du logement pour un grand nombre de personnes modestes, plusieurs politiques d'Etat et communales visent à favoriser l'accès à la propriété et à l'habitat individuel. Après la création des "Habitations à Bon Marché", ce sont des prêts à taux réduits puis la loi Loucheur de 1928 qui stimulent et encadrent la construction de logements sociaux. Ces mesures et lois vont permettre aux classes moyennes de faire construire des maisons individuelles en s'inspirant des pavillons bourgeois mais dans des formes plus modestes.
Pendant l'entre-deux-guerres, la réorientation définitive de l'agglomération autour de son pôle économique est consacrée par le transfert, en 1931, de la mairie au coeur du quartier de la gare, au sein d'une ancienne maison de maître. L'année suivante, un nouveau projet voit le jour : il s'agit de construire un nouveau groupe scolaire destiné à remplacer l'ancienne maison d'école devenue trop petite. L'ensemble est bâti en 1934 en bordure d'une nouvelle voie de liaison aménagée dans le même temps, sur d'anciennes terres agricoles isolées et à mi-chemin entre les deux entités de la ville. Ce projet de grande ampleur préfigure ainsi le développement urbanistique entre le bourg ancien et la Route Nationale 140 qui s'est réalisé en plusieurs phases entre les années 1930 et les années 2000.
La fonction commerciale et industrielle du quartier de la gare se renforce encore dès la fin des années 1930 et dans les années 1940, par la construction des confitureries des familles Boin et Chapoulard-Gervoson (fondateurs de la marque Andros), à proximité de la gare de marchandises. Ces activités industrielles se développant très fortement dans les années 1960, elles sont transférées dans la nouvelle zone industrielle créée en 1966 au nord de la commune.

Description

Commentaire descriptif :
L'agglomération actuelle comporte un centre d'habitat ancien établi en bordure de la Cère, à proximité de l'ancienne église paroissiale. Juxtaposé à la trame bâtie qui s'est développée entre le 19e et le début du 21e siècle, il a conservé un parcellaire et un paysage bâti caractéristiques d'une occupation rurale peu dense. Plusieurs habitats paysans ou fermes forment un tissu bâti lâche laissant une large part aux dépendances et parcelles non bâties dont le cadastre de 1818 précise la fonction agricole initiale (terres cultivées, jardins, cours ou patus, aires à battre).
A l'est de cet ensemble plutôt inorganique, une concentration de parcelles bâties forme une unité plus dense structurée par une rue centrale plus ou moins parallèle à la rive droite de la Cère. Il pourrait s'agir ici du noyau primitif de l'agglomération rurale, comme en témoigne la présence d'une maison datée du 15e siècle (parcelle AL 86).
Les quartiers plus récents sont implantés sur l'ancienne plaine agricole. Ils doivent leur extension à l'attraction de la gare ferroviaire construite près de la route départementale (ancienne Route Nationale 140). Ils se caractérisent par un habitat majoritairement pavillonnaire se développant à partir d'un noyau plus urbanisé formé autour de la gare. Les voies de communications anciennes (réseau initial de chemins) et récentes (voie ferrée et ancienne Route Nationale) régissent ainsi la répartition d'une trame bâtie très lâche et l'implantation de plusieurs lotissements.
Au nord de l'agglomération, les quartiers pavillonnaires entourent une vaste zone industrielle créée en 1966, qui s'étend entre la voie ferrée et l'actuelle Route Départementale.

Localisation

Commune :
Biars-sur-Cère
Aire d'étude :
Canton de Bretenoux
Milieu d'implantation :
en village

Oeuvres liées

Aucun dossier n'est lié à cette notice.


Illustrations


Biars-sur-Cère (Lot), ancien village et ville de Biars.
Référence : IVD46_20134602398NUCA - Extrait du cadastre de Biars de 1818 : vue d'ensemble du noyau bâti de l'agglomération. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), ancien village et ville de Biars.
Référence : IVD46_20134602399NUCA - Vue aérienne du quartier de la gare de Biars au début des années 1960. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), ancien village et ville de Biars.
Référence : IVD46_20134602401NUCA - Biars-sur-Cère : répartition du bâti inventorié (Moyen Age - années 1930). Fond de plan : Direction générale des finances publiques - Cadastre, 2011. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), ancien village et ville de Biars.
Référence : IVD46_20134602403NUCA - Morphologie urbaine de Biars d'après le plan cadastral actualisé en 2011 (axes structurants et phases d'urbanisation jusqu'aux années 1930). Fond de plan : Direction générale des finances publiques - Cadastre, 2012. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), ancien village et ville de Biars.
Référence : IVD46_20134602404NUCA - Morphologie parcellaire de Biars aux 19e et 21e siècles. Fond de plan : Direction générale des finances publiques - Cadastre, 2011. - Cassan, Elodie, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), village.
Référence : IVR73_20064602182NUCA - Maison dans le bourg (X = 0562720 ; Y = 1991810). Vue d'ensemble. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), village.
Référence : IVR73_20064602183NUCA - Maison dans le bourg. Détail de l'élévation principale. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), village.
Référence : IVR73_20064602184NUCA - La place au sud de l'église. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Biars-sur-Cère (Lot), village.
Référence : IVR73_20064602185NUCA - Maison dans le bourg. Linteau sculpté en remploi. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Documents liés

Bibliographie :
"Biars-sur-Cère : l'Eden et après ou la genèse d'un siècle d'expansion débridée", Dire Lot, n° 61, décembre 1996, janvier 1997.
Maisons et dépendances, le patrimoine bâti au pays de la vallée de la Dordogne lotoise, Pays d'art et d'histoire de la vallée de la Dordogne lotoise, juillet 2009, 60 p.
Banaudo (J.), Sur les rails de la région Midi-Pyrénées, volume 1 : entre Dordogne et Garonne, les éditions du cabri, 2010, p. 35-36.
Chantraine (C.), Jaillet (Ch.), Le Lot : jardin du Ségala, St-Céré, Bretenoux, Beaulieu, Collonges-la-Rouge, Turenne, les Editions du Laquet, 1994, col. Tourisme et Patrimoine, p. 23.
Clary (abbé), Dictionnaire des paroisses du diocèse de Cahors, Cahors, Imp. Tardy, 1986, p. 33.
Combarieu (L.), Dictionnaire des communes du Lot, Cahors, Laytou, 1881 (réédité Cahors, Ed. Quercy-Recherche, 1979-1994), p. 21.
Deloche (M.), Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu, Paris, Imprimerie Impériale, 1859, p. 92, 112, 141.
Gisclard (Ph.), Glaise (Ch.), Commune de Biars sur Cère, Note d'enjeux en vue de révision du POS et sa transformation en PLU, Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine du Lot, mai 2010 [En ligne].
Hadjadj-Jadaud (J.), Recensement des fermes entre Cère et Dordogne, dossier de synthèse, Conseil Général du Lot, janvier 2013.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Pays de la Vallée de la Dordogne lotoise
Sources :
Archives départementales du Lot, administration communale : pièces liées à la construction d'une école mixte, 1886-1894 (2 O 49/1) ; pièces liées à la construction d'un groupe scolaire, 1932-1938 (2 O 49/1) ; pièces liées à la construction de la mairie et d'un bureau de poste , 1930-1932 (2 O 49/2) ; pièces liées à l'éclairage public, 1922-1923 (2 O 49/6) ; pièces liées à la construction de champs de foire, 1908, 1909, 1924 (2 O 49/7).
Archives départementales du Lot, cadastres : cadastre de Biars-sur-Cère, 1818 (3P 2533) ; état de sections, 1825 (3P 213).
Référence :
IA46100467
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Séraphin Gilles ; Scellès Maurice ; Cassan Elodie
Date de publication :
2005 ; 2013
Date de mise à jour :
2013/10/03
Conseil général du Lot