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parc du château de la Pannonie

Jean Vidal de Lapize accède durant le 1er quart du 18e siècle à de hautes charges au Parlement de Toulouse : il épouse en 1713 Marie-Antoinette de Puymisson, de lignée parleme

Historique

Datation principale :
2e moitié 18e siècle ; 3e quart 19e siècle
Année(s) :
1868
Justification de la datation :
daté par travaux historiques
Auteur de l'oeuvre :
Vidal de Lapize Jean (auteur commanditaire) : Vidal de Lapize Marie Louis Charles (auteur commanditaire)
Justification de l'attribution :
attribution par travaux historiques
Commentaire historique :
Jean Vidal de Lapize accède durant le 1er quart du 18e siècle à de hautes charges au Parlement de Toulouse : il épouse en 1713 Marie-Antoinette de Puymisson, de lignée parlementaire, et devient Garde des Sceaux. Cette accession sociale est sans doute à l'origine du renouveau du domaine. Vers 1725, les deux frères de Jean, Pierre et Antoine, entreprennent la construction de l'aile ouest du château, en bordure du "padouan". On ne sait rien de l'existence ou non d'un jardin d'agrément à cette période, mais il est fort probable qu'existaient déjà potager et verger, aux fonctions nourricières indispensables.
Un des cinq enfants de Jean et d'Antoinette, Antoine (né en 1722), épouse en 1750 Anne D'Arnis (ou Darnis) de Gigouzac, fille de Georges Timoléon, président de la Cour des Aides de Montauban. En 1765, Antoine réalise la construction de la majestueuse aile sud. De cette époque pourrait dater la destruction de l'aile nord, jugée trop vétuste. En reliant les deux ailes précédentes est et ouest, la nouvelle aile sud a pu susciter la mise en scène de la cour intérieure ainsi que celle du terrain situé au midi, organisé en parterre régulier à quatre pièces carrées (encore visible sur le plan de 1825). D'après la tradition familiale (correspondances), Antoine aurait été conseillé pour ces travaux par son proche ami Jacques Rigal Caulet, seigneur de Baussac, écuyer et conseiller du roi, qui aurait fourni plans et modèles.
Certaines analyses ont vu dans le plan quadrinormé du jardin la présence d'un verger-potager (cf. dossier de recensement). Cependant, le goût de l'époque en matière de jardin, l'existence des salons de style rocaille dans l'aile sud, sont davantage en faveur de grandes pièces de pelouse, entourées ou non de plate-bandes, faites pour agrémenter la vue d'ensemble.
Faute de documentation complémentaire, on ne peut savoir si un parc arboré complétait déjà l'ensemble au sud. Seule une allée biaise, rectiligne, de direction nord-ouest, sud-est, traverse le domaine depuis l'axe des parterres. En revanche, un verger a pu déjà exister au même emplacement que celui signalé depuis le19e siècle dans la combe de terrain au sud-est du parc, à l'orientation favorable et au sol probablement plus riche.
Le petit-fils d'antoine, Marie Louis Charles Vidal de Lapize, né le 3 mai 1838, est le dernier descendant mâle du nom. Son mariage en 1865 avec Marie Astérie de Sarret, fille du Comte de Sarret, occasionne à partir de 1867 une série de transformations sur le domaine : réfection des couvertures et d'éléments intérieurs, ainsi que l'aménagement d'un grand parc paysager en 1868, sur l'emplacement des anciens jardins au sud du château. En l'absence de sources éloquentes et d'une signature de paysagiste, ou tout au moins de modèle, il y a tout lieu de supposer que ce parc, essentiellement arboré, soit l'oeuvre du propriétaire commanditaire lui-même. Sa réalisation a certainement représenté pour ce dernier un véritable défi contre nature, sur un causse aride voué aux génevriers et aux petits chênes pubescents. Il a donc nécessité la mise en place d'un système d'adduction qui amènait l'eau par des canalisations en terre cuite depuis le plateau voisin de la Méjancerie. Ce réseau alimentait trois pièces d'eau de forme ronde ou ovale, dont l'une sur l'espace dédié au verger (combe sud-est). La mise en valeur de la nouvelle serre, adossée côté parc au bâtiment des écuries de la même époque, traduit la volonté de planter et l'importance donnée aux collections végétales. Tous ces éléments inscrivent le parc dans la nouvelle conception initiée par les horticulteurs paysagistes au cours de la deuxième moitié du 19e siècle et dans cette vogue qui a mis la réalisation du jardin arboré à portée du plus grand nombre (Levêque, 2004). La connaissance du catalogue de plants choisis à la conception du parc fait défaut, mais la liste des plantations actuelles jointes au dossier reste fidèle aux recommandations de la fin du 19e siècle.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
calcaire ; moellon ; maçonnerie
Matériaux de la couverture :
ardoise
Plan :
jardin irrégulier ; plan rectangulaire régulier
Vaisseau(x) et étage(s) :
en rez-de-chaussée
Voûtes :
charpente métallique apparente
Elévation extérieure :
jardin en pente
Forme de la couverture :
verrière ; toit à un pan
Organisation végétale :
bois de jardin ; arbre isolé ; groupe d'arbres ; pelouse ; prairie ornementale
Commentaire descriptif :
Les jardins de La Pannonie se développent sur un terrain en pente douce au sud du château, au pied de la façade méridionale dont la sobriété, d'allure conventuelle, annonce la rigueur néo-classique. Encore visible sur le plan 1825, le grand parterre à quatre pièces carrées partagées par deux allées en croix, répondait à ce parti de simplicité. L'état actuel des jardins, en situation de déshérence, résulte des transformations opérées (1868) pour superposer au jardin classique un parc paysager. Le plan est maladroitement composé d'ovales imbriqués aux contours indécis qui témoignent des contraintes issues de cette superposition d'emprise et de style entre l'ancien jardin régulier et le nouveau jardin paysager : tel le maintien de l'ancienne allée biaise qui a servi d'axe de perspective au centre du nouveau parc et ménage une vue surprise sur la façade monumentale de la demeure.
Le parc est entièrement enclos dans un mur en pierre sèche d'une hauteur qui permet au regard de le franchir aisément pour appréhender la vue environnante. Côté ouest, une route en ceinture aboutit à un portail d'entrée et se prolonge dans le parc par une allée courbe conduisant à l'esplanade sud. Largement aéré, ce dernier dégagement est complété par un jeu de miroirs d'eau (bassins ovales) destiné à mettre en valeur le château.
Les principales plantations (cf. plan Bertrand-Marchenoir, 2012) s'amassent en couvert dense sur un bon quart sud-ouest du parc, tandis que la moitié orientale, composée d'un découvert à bosquets disséminés, favorise une longue perspective visuelle vers le sud-est. La palette végétale, réduite par le vieillissement, les sècheresses et intempéries diverses, propose encore des groupes résistants de pins, chênes, cèdres de Montpellier, frênes, platanes, érables sycomores, tilleuls, marronniers, essences exceptionnelles pour leur adaptation à ce site. Certains arbustes ornementaux (plaqueminier, rhus ou sumac, cerisier de Sainte-Lucie ou Prunus Mahaleb...) relèvent d'un catalogue de plantes exotiques prisées lors de la création du parc. Une importante serre vitrée de plan rectangulaire, à couverture d'ardoises, est accolée en appentis contre la façade sud d'une dépendance située dans l'alignement de l'aile méridionale du château. Le système d'adduction d'eau peut s'appréhender en plusieurs endroits par des drains, une citerne ainsi que par les trois bassins-miroirs d'eau (aujourd'hui à sec). Quelques vases de style Médicis, en zinc, ornent les pelouses.
Typologie :
jardin paysager

Localisation

Commune :
Couzou
Lieu-dit ou secteur urbain :
Pannonie (la)
Edifice de conservation :
château de la Pannonie
Référence de l'édifice de conservation :
IA46000274
Référence cadastrale :
2013 AD 193, 194, 195
Milieu d'implantation :
en écart

Oeuvres liées

Vue des élévations sur cour du château, depuis le nord.
Le lieu de la Pannonie apparaît dans les textes en 1286 avec la mention d'une "grange" de l'abbaye cistercienne d'Obazine ; on a encore mention en 1304 et 1315, de rentes sur une terre du domaine et sur la grange (J. Calmon, 1957). Après la guerre de Cent ans, la Pannonie est arrentée à une famille de marchands de Rocamadour, les Carreta ou de Lagrange : en 1458, c'est Pierre de Lagrange qui f

Illustrations


Couzou (Lot), parc du château de la Pannonie.
Référence : IVR73_20134604997NUCA - Extrait du plan cadastral 2013 AD. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Documents liés

Bibliographie :
Didon (Catherine), Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, Chauray, Ed. Patrimoine medias, 1996, p. 158-159.
Levêque (Isabelle), L'oeuvre de François Duvillers (1801-1887) : quelques visions prismatiques sur les pratiques de jardins au XIXe siècle, Polia n°1, printemps 2004, pp. 17-41.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Parc Naturel Régional des Causses du Quercy
Sources :
Plan cadastral 1825 (archives communales Couzou).
Bertrand-Marchenoir (Didier), Plan sommaire du parc, état actuel, 2012.
Référence :
IA46000263
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées
Rédacteur(s) :
Cranga Yves ; Fournier Claire
Date de publication :
2010 ; 2013
Date de mise à jour :
2013/12/04
Date de la protection :
2012/12/27 : inscrit MH
Référence de la notice M.H. :
PA00095061
Observations :
Parc de type paysager horticole de la deuxième moitié du 19e siècle, rare en cette partie des Causses de nature aride, en déshérence suite aux agressions climatiques de ces dernières décennies et à l'absence de régénération.