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château

A la fin du 13e siècle, le repaire de Lacoste appartenait aux Guiscard, lignage de chevaliers lié au castrum de Bélaye. Les généalogistes du 18e siècle les faisaient passer p

Historique

Datation principale :
4e quart 13e siècle ( ?) ; 1er quart 14e siècle ; 1ère moitié 17e siècle
Partie déplacée :
parties déplacées à ; 46, Puy-l'Evêque
Commentaire historique :
A la fin du 13e siècle, le repaire de Lacoste appartenait aux Guiscard, lignage de chevaliers lié au castrum de Bélaye. Les généalogistes du 18e siècle les faisaient passer pour des descendants du normand Robert Guiscard, duc de Pouille et de Sicile et fondateur du royaume de Naples et supposaient que c'est en récompense de sa participation à la croisade des albigeois qu'un cadet aurait été apanagé en Quercy par l'évêque de Cahors. De fait, une famille de La Coste, attestée en 1250, semble avoir précédé les Guiscard sur les lieux avant de disparaître de la documentation moins d'une vingtaine d'années plus tard. Quoi qu'il en soit, Bernard de Guiscard, héritier de son père en 1284, recevait à cette date les hommages de ses tenanciers dans la sala de Lacoste (F. Lacoste, 1909, p. 30). Deux ans plus tard, l'"ostal" paternel était encore occupé par la mère, Finelle, qui y dictait son testament, laissant entendre que la présence des Guiscard à Lacoste était antérieure à son mariage (vers 1245 ?). En 1301, c'est cette fois pour le "repaire" de Lacoste que Bernard de Guiscard, toujours chevalier de Bélaye, faisait hommage entre les mains de l'évêque de Cahors. Ce dernier tenait vraisemblablement ses droits de suzeraineté de l'acquisition qu'il avait faite en 1236 de la châtellenie de Bélaye dont Lacoste faisait partie au 14e siècle. Le repaire de la fin du 13e siècle, et son "ostal" comportant une "sala", sont encore identifiables au sein l'édifice actuel.
Il ne semble pas que le château ait subi de dommages pendant la guerre de Cent ans. La famille de Guiscard connut un revers de fortune en 1526, avec le bannissement de trois des fils d'Antoine de Guiscard et la confiscation de leurs biens ; leur frère Jean Ier dut en outre payer les frais de procédure, et son fils Jean II de Guiscard, marié en 1529 à Souveraine de Genouillac, dut vendre une partie de ses biens pour soutenir son état de gentilhomme de la Maison du Roi. Jean II et Jean III sont des partisans déterminés du parti catholique et le château de Lacoste est pillé par les protestants en 1580 : il est encore inhabitable en 1595 (Y. Bruand, 1989), année du compte de tutelle rendu par la veuve de Jean II, Françoise de Labarthe (qui vivait encore en 1610, cf. L. d'Hozier, 1752). A Jean III, décédé entre 1602 et 1614, succède son fils Jean IV de Guiscard, mort en 1638-1639, marié en 1608 à Jeanne du Tilhet d'Orgueil, décédée en 1667 (L. d'Hozier, 1752) : c'est donc probablement à Jean IV et à son épouse qu'il faut attribuer la reconstruction du château de Lacoste.
Confisqué à la Révolution, le château est vendu comme bien national, puis revendu en 1825 à un industriel de Longwy nommé Clément qui l'habite, sans doute après y avoir fait des travaux, jusqu'à sa mort en 1846 ; il est alors acheté par un négociant de vins de Grézels, qui fait démolir l'une des ailes. Le château a été restauré de 1960 à 1965. Une cheminée a été remontée au Cayrou, commune de Puy-l'Evêque, vers 1960 (C. Didon, 1996, p. 232).

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
calcaire ; moellon ; pierre de taille
Vaisseau(x) et étage(s) :
3 étages carrés
Voûtes :
voûte en berceau plein-cintre
Elévation extérieure :
élévation à travées
Escalier :
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
Commentaire descriptif :
Isolé à l'extrémité d'une serre, le château de Lacoste, parfois appelé à tort château de Grézels, domine à distance le bourg de Grézels et la vallée du Lot. Entre les deux subsistent les vestiges d'une motte. En 1480, toutefois, on mentionnait encore une "bourgade" à Lacoste. Celle-ci semble avoir disparu au 17e siècle alors que la reconstruction du château s'opérait et seuls quelques murs ayant pu appartenir à une enceinte semblent en perpétuer le souvenir en contrebas du château actuel. L'édifice se présente aujourd'hui sous l'aspect d'une importante maison forte dont les couronnes continues de mâchicoulis et les volumes sévères cantonnés de tours carrées évoquent la silhouette des grands châteaux italianisants des Charentes dont le Château-Chesnel passe pour avoir constitué le prototype.
Une courtine encadrée par deux tourelles rondes à mâchicoulis ferme la cour côté plateau. Son portail muni de deux rainures indique qu'il disposait d'un pont-levis et qu'il était donc précédé par une tranchée. L'une des tourelles, à gauche de l'entrée abritait un oratoire qui apportait au système défensif le concours d'une protection sacrée ce qui n'excluait pas la présence de canonnières de faible calibre, certaines d'entre elles percées dans les allèges de fenêtres. A l'opposé de la courtine, le logis principal occupe le front sud de la cour carrée et bénéficie des vues sur la vallée du Lot. Ses couronnements de mâchicoulis se prolongent sans décrochement sur ceux de deux gros pavillons saillants établis à la même hauteur. Sur la cour, un troisième pavillon, dans l'oeuvre celui-ci, abrite l'escalier à volées droites. Il dominait la façade avant que celle-ci ait été surélevée. La porte d'accès surmontée d'un fronton à volutes interrompu par une fenêtre en tabernacle, s'inscrit dans une travée de croisées. Le style de cette porte, de même que celui des grandes croisées doubles des façades et des canonnières en cupules suggère de les attribuer aux premières décennies du 17e siècle.
Toutefois, l'homogénéité architecturale de l'édifice n'est qu'apparente. Les maçonneries de l'édifice recèlent en effet, dans les parements extérieurs comme sous les enduits intérieurs, les vestiges d'un édifice médiéval primitif dont les premières mentions apparaissent en 1284. Les vestiges d'archères, de soupiraux chanfreinés et les trilobes d'une fenêtre à colonnette, de même que les parements de moyen appareil habituels dans les maçonneries médiévales permettent de restituer de proche en proche les contours du repaire de la fin du 13e siècle. Ces indices montrent que ce repaire se composait en fait d'une épaisse tour carrée et de deux logis en équerre venus s'y adosser. La "turris" de Lacoste, dont les vestiges sont identifiables par l'appareillage massif de ses maçonneries, n'existe plus que par l'une de ses élévations. Son implantation inhabituelle en contrebas de la terrasse rocheuse qui constitue la cour du château, est peut-être due à des problèmes de sol ce qui expliquerait son effondrement, survenu semble-t-il peu avant la reconstruction de l'édifice entreprise à la fin du 16e siècle. Le repérage des raccords de maçonneries montre que cette tour avait précédé sur le site l'édification des logis médiévaux venus s'y adosser, eux-mêmes attestés dès 1284. Il semble donc que la "turris" ait été originellement isolée. Ses vestiges, encore lisibles sur une hauteur de 12 m, appartenaient à un édifice de plan carré, de 7,85 m de côté et aux murs épais de plus d'1,70 m. La disparition des percements ne permet plus d'en préciser la distribution. Toutefois, les traces de deux retraites de maçonneries indiquent qu'il s'agissait d'une tour planchéiée, de trois niveaux au moins. Le testament de Finelle, veuve de Bernard II de Guiscard (1286), induit que cette tour, antérieure à l'"ostal" de son époux, aurait pu être édifiée par le père de ce dernier, dès avant 1250. La présence d'une baie à colonnette dans la cage d'escalier de l'édifice du 17e siècle, de même que les archères et les chaînes d'angle qui apparaissent à l'examen de la façade sur cour, jalonnent le contour des anciens logis qui s'adossaient à la "turris". Composés de deux ailes distinctes, ils enveloppaient la tour sur ses deux côtés est et sud. L'aile la plus ancienne, fondée sur la terrasse rocheuse, occupait une emprise de 7,5 m sur 14 environ et laissait dégagé l'angle sud-est de la "turris". Elle comportait deux niveaux au moins, à en juger par la chaîne d'angle bien apparente en façade qui marque encore son angle sud-est. Deux archères adoucies par un large chanfrein subsistent à la base de son élévation sud. Sur des soubassements contemporains de cette première salle, une extension en équerre fut édifiée après-coup à l'est. L'irrégularité de son plan implique plusieurs pièces et induit a contrario que la "sala" dans laquelle Bernard de Guiscard reçut l'hommage de ses vassaux en 1284 était incluse dans l'aile précédente. Deux fenestrons chanfreinés, dont les linteaux d'embrasures étaient classiquement soulagés par des coussinets, en marquent les deux premiers niveaux. Le troisième niveau, outre les vestiges d'une armoire murale, conserve les traces d'une baie géminée ouverte dans une embrasure à coussièges. Le chapiteau en a disparu mais la base de la colonnette ornée de griffes et le trilobe aigu qui étoffe ses intrados, conduisent à l'attribuer au dernier quart du 13e siècle voire au début du siècle suivant.
Technique du décor :
peinture (étudiée dans la base Palissy)
Etat de conservation :
restauré

Localisation

Commune :
Grézels
Lieu-dit ou secteur urbain :
Lacoste
Aire d'étude :
Lot
Référence cadastrale :
1837 A3 1177 ; 2014 A 935
Milieu d'implantation :
isolé

Oeuvres liées

L'édifice actuel fut construit à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle, après que le château primitif ait été pillé en 1580. Le décor de l'escalier monumental et de la poutre de la chambre du pavillon nord semblent dater de cette même époque.

Illustrations


Grézels (Lot), château.
Référence : IVR73_20144604773NUCA - Extrait du plan cadastral 1837 A3. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Grézels (Lot), château.
Référence : IVR73_20144604774NUCA - Extrait du plan cadastral 2014 A. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Grézels (Lot), château.
Référence : IVR73_20144604775NUCA - Plan au niveau du sous-sol. - Séraphin, Gilles, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Grézels (Lot), château.
Référence : IVR73_20144604776NUCA - Plan d'ensemble au niveau du rez-de-chaussée. - Séraphin, Gilles, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Documents liés

Bibliographie :
Hozier de Serigny (Louis Pierre d'), Armorial général de la France, vol. 4, Paris, 1752, fac-similé Paris, Firmin Didot, s.d., p. 210-211.
Delpon (Jacques-Antoine), Statistique du département du Lot, Paris-Cahors, 1831, t. 1, p. 490.
Lacoste (Guillaume), Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, Girma, t. II, 1884, p. 201.
Lacoste (F.), Bélaye et ses environs, Cahors, Plantade, 1909, p. 23, 24, 27, 28, 30, 57, 65-67, 154.
Lartigaut (Jean), La châtellenie de Bélaye au Moyen Age, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. C, 1979, p. 245.
Séraphin (Gilles), Cahors et la vallée du Lot, Cahors, Ed. Etudes et communication, 1990 (Coll. Guides Tourisme et patrimoine), p. 76.
Bruand (Yves), Le château de La Coste à Grézels, dans Congrès archéologique de France, 147e session, Quercy, Paris, S.F.A., 1993, p. 325-331.
Delmon (J.), Quelques observations sur le château de Grézels, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CXVI (1995), p. 301-303.
Lartigaut (Jean), Sortie du 8 août 1996, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CXVII, 1996, p. 299.
Didon (Catherine), Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, Chauray, Ed. Patrimoine medias, 1996, p. 226-227.
Rousset (Valérie), Le château de Lacoste (Grézels), Conseil général du Lot, notice numérique, 2006.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Pays de Cahors et du sud du Lot
Référence :
IA46100126
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Séraphin Gilles ; Scellès Maurice
Date de publication :
2012
Date de mise à jour :
2015/01/02
Date de la protection :
1961/12/08 : inscrit MH partiellement ; 1997/04/25 : classé MH partiellement
Référence de la notice M.H. :
PA00095107
Conseil général du Lot