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cité religieuse de Rocamadour

Le toponyme Rocamadour évoque une ancienne fortification de falaise. Une telle fortification a bien existé et apparaît encore sur d'anciennes gravures à l'emplacement de l'actu

Historique

Datation principale :
2e moitié 12e siècle ; 1ère moitié 13e siècle ; limite 15e siècle 16e siècle ; milieu 19e siècle
Datation secondaire :
14e siècle
Auteur de l'oeuvre :
Chevalt Jean-Baptiste (maître de l'oeuvre) ; Bardou Jean-Jacques-David (commanditaire) ; Grimardias Pierre-Alfred (commanditaire)
Justification de l'attribution :
attribution par source
Remploi :
remploi provenant de : 46, Issendolus
Commentaire historique :
Le toponyme Rocamadour évoque une ancienne fortification de falaise. Une telle fortification a bien existé et apparaît encore sur d'anciennes gravures à l'emplacement de l'actuelle " maison à marie ". L'église (ecclesia Rupis Amatoris) aurait été donnée dans le premier tiers du 11e siècle à l'abbaye de Marcilhac par un évêque de Cahors que le chanoine Albe pensait être de la famille de Castelnau de Gramat. En 1042, le moine de Marcilhac attaché au prieuré de Lauzou aurait délégué au prieuré de Mayrinhac-le-Francal la desserte de la chapelle, fondant ainsi les prétentions de l'abbaye de Tulle sur le site. La confirmation par le pape de l'abbé Guillaume de Carbonnières (1105) dans la possession de l'église de la bienheureuse Vierge Marie de Rocamadour constitue la première mention connue du culte marial. L'abbé Rocacher attribue à l'abbé Géraud de Scorailles (1152-1188) le véritable essor des pélerinages qui firent la notoriété internationale de Rocamadour. Cette notoriété fut fondée tout d'abord sur le culte marial qui attira sur la cité religieuse de très importantes donations : celles notamment de Henri II d'Angleterre et de Philippe, comte de Flandres (1170), d'Alphonse roi de Castille (1181), de Sanche, roi de Navarre (1203), d'Alphonse roi de Portugal (1223), de saint-Louis et Blanche de Castille (1244). Dès 1172, on rédige un " liber miraculorum " relatant les 126 miracles attribués à Notre-Dame de Rocamadour depuis l'an 1140.
La découverte en 1166 d'un corps momifié dans la roche, immédiatement identifié comme celui de l'ermite Amadour, donne naissance à une nouvelle dévotion populaire. Cependant, le livre des Miracles de 1172 ne fait encore aucune allusion à ce culte et l'on sait par la chronique de Robert de Thorigny, que lors de la visite du roi d'Angleterre Henri II (1170) le corps miraculeusement imputrescible d'Amadour était encore exposé dans l'église Sainte-Marie, seul sanctuaire mentionné en 1191 dans les comptes des receveurs pontificaux. De fait, le culte de saint Amadour est mentionné pour la première fois en 1183, à l'occasion du pillage perpétré par Henri Court-Mantel qui en fit enlever la châsse d'argent ornée de pierreries.
La première mention du monastère Saint-Sauveur ne date, elle, que de 1191, date à laquelle y fut reçu un hommage du vicomte de Turenne. Celle d'un prieur est de 1193 et ce n'est qu'à cette date que les moines de Tulle obtinrent une confirmation définitive de leurs droits sur Rocamadour en désintéressant l'abbaye de Marcilhac. Enfin, la première apparition de l'église de Saint-Sauveur et de la chapelle Saint-Michel dans les comptes des receveurs pontificaux ne remonte qu'à 1236. Si l'on considère que le logis abbatial, édifié avec certitude peu avant 1223, fut sans doute bâti après l'église Saint-Sauveur, les documents écrits nous invitent donc à situer la construction de ces derniers entre 1191 et 1223, ce qui revient à l'attribuer non pas Géraud de Scorailles mais à ses successeurs. Edifiée antérieurement, l'église basse pourrait avoir été entreprise autour de 1183. Ces évaluations sont en accord avec le caractère stylistique des bâtiments conservés. Les voûtes d'ogives des églises haute et basse, dédiée au saint Sauveur et à saint Amadour, sont très proches dans leur conception de celles de la première travée de nef de l'abbatiale de Tulle que l'on situe dans les dernières décennies du 12e siècle.
Avec la refonte des diocèses qui suit le concordat de 1801, Rocamadour est placé sous l'entière responsabilité des évêques de Cahors. Le pèlerinage, qui avait fortement décliné à partir du 17e siècle, est relancé à l'initiative d'un prêtre parisien, le Père Caillau, relayé par le prêtre lotois Bonhomme, avec le soutien de Mgr Bardou, qui confie en 1858 la responsabilité du chantier de restauration de la cité à un prêtre du diocèse de Montauban, Jean-Baptiste Chevalt (1817-1876), puis de Mgr Grimardias. Les restaurations de Rocamadour ont été critiquées dès 1865 : les travaux ont en effet été très importants, et l'aspect actuel de la cité religieuse leur doit beaucoup. Outre la restauration des différents sanctuaires, on doit en particulier à l'abbé Chevalt l'aménagement du parvis, la construction de la chapelle Saint-Jean-Baptiste et la reconstruction du palais abbatial devenu palais des évêques.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
calcaire ; pierre de taille
Matériaux de la couverture :
tuile plate
Escalier :
escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Commentaire descriptif :
Le grand escalier permet d'atteindre depuis la rue principale du bourg la terrasse intermédiaire sur laquelle, autour d'une cour, fut établi à flanc de falaise un ensemble conventuel important comprenant entre autres l'ancien palais abbatial, dix églises et chapelles d'époques diverses.
Les aménagements de la fin du 19e siècle ont fait disparaître l'une d'entre elles, la chapelle Saint-Louis. Un second escalier, ménagé dans la roche permettait de relier cet ensemble au château abbatial, établi au sommet de la falaise.
Technique du décor :
sculpture

Localisation

Commune :
Rocamadour
Aire d'étude :
Lot
Référence cadastrale :
2011 AS 104, 105, 106, 107, 108
Milieu d'implantation :
en village

Oeuvres liées

Les informations de cette notice ont été produites par le service des Monuments Historiques et sont accessibles sur la base Mérimée du ministère de la culture et de la communication.
Les informations de cette notice ont été produites par le service des Monuments Historiques et sont accessibles sur la base Mérimée du ministère de la culture et de la communication.
La tour Saint-Michel : gravue, vers 1830.
La plus ancienne mention connue de la chapelle Saint-Michel date de 1236 (Albe, p. 543). La construction de cette chapelle sur porte doit probablement être située entre la fin du 12e siècle et les premières décennies du siècle suivant. La fenêtre triple du troisième étage est analogue à celles qui éclairaient la "sala nova" de l'abbé Bernard de Ventadour, mentionnée en 1223 et située
Eglise Saint-Amadour, voûte de la travée sud : rencontre des branches d'ogives.
La première mention du monastère Saint-Sauveur ne date que de 1191, date à laquelle y fut reçu un hommage du vicomte de Turenne. Celle d'un prieur est de 1193 et ce n'est qu'à cette date que les moines de Tulle obtinrent une confirmation définitive de leurs droits sur Rocamadour en désintéressant l'abbaye de Marcilhac. Quant à l'église Saint-Sauveur, elle n'apparaît dans les comptes des
Photographie ancienne du portail.
La chapelle primitive, attestée au début du 12e siècle, a été détruite en 1476 par un roc détaché de la falaise. Une inscription fixée à l'élévation sud indique qu'elle fut reconstruite en 1479 par Denis de Bar, évêque de Tulle (1471-1495) dont le blason apparaît sur le portail sud en même temps que celui de Clément de Brillac (1495-1514). Les protestants auraient mis à sac l'ég
Elévation ouest, modillon de la corniche.
La chapelle Saint-Blaise aurait été placée à l'origine sous le vocable de Saint-Pierre. Le décor de son portail et des modillons de la corniche invite à en situer la construction dans le deuxième quart ou le milieu du 13e siècle. Malgré les restaurations dirigées par l'abbé Chevalt en 1864 et 1865, elle reste un édifice important dans l'histoire de la diffusion du style gothique en Que

Illustrations


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_19914600148VC - Vue des ruines du palais abbatial en 1859. - Soula, Christian (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_19954600043V - "Grand escalier de l'église de Rocamadour." - Peiré, Jean-François (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_19954600044V - "Grand escalier de Rocamadour." - Peiré, Jean-François (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608424NUCA - Chapelle Sainte-Anne. Portail provenant de L'Hôpital-Beaulieu, à Issendolus. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608425NUCA - Chapelle Sainte-Anne. Portail provenant de L'Hôpital-Beaulieu, à Issendolus. Détail : chapiteaux de gauche. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608426NUCA - Chapelle Sainte-Anne. Portail provenant de L'Hôpital-Beaulieu, à Issendolus. Détail : chapiteaux de droite. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608427NUCA - Chapelle Sainte-Anne. Portail provenant de L'Hôpital-Beaulieu, à Issendolus. Détail des chapiteaux de droite. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608473NUCA - Palais des évêques (ancien palais abbatial), élévations sur la cour vue depuis le nord. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608474NUCA - Chapelle Saint-Jean-Baptiste, enfeu contenant le gisant de Jean de Valon. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114608476NUDA - Extrait du plan cadastral 2011 AS. - Séraphin, Gilles ; Scellès, Maurice, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114640102NUCA - La cité religieuse vue depuis le sud. - Benoist, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20114640104NUCA - Parvis des églises vu depuis le sud-ouest. A gauche, l'église Saint-Sauveur, au fond, les chapelles Sainte-Anne et Saint-Blaise. - Benoist, Philippe, (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20134604425NUCA - Parvis des églises : vers 1890 ? - S.A.M.F. (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Société Archéologique du Midi de la France.


Rocamadour (Lot), cité religieuse de Rocamadour.
Référence : IVR73_20134604426NUCA - Parvis des églises : vers 1890 ? - S.A.M.F. (reproduction), (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Société Archéologique du Midi de la France.


Documents liés

Bibliographie :
Albe (Edmond), Roc-Amadour, documents pour servir à l'histoire du pélerinage, Brive, 1926.
Champeval (J. B.), Cartulaire des abbayes de Tulle et de Rocamadour, Brive, 1903.
Rocacher (Jean), Rocamadour et son pèlerinage. Etude historique et archéologique, Toulouse-Gramat, Privat - Association Les Amis de Rocamadour, 1979, 2 vol., 446 p. et 250 pl.
Vidal (Marguerite), Quercy Roman, coll. Zodiaque, troisième édition, 1979, p. 170-194.
Rocacher (Jean), Découvrir Rocamadour, Gramat, Editions du magasin du Pèlerinage, 1980.
Rocacher (Jean), La cité religieuse de Rocamadour, dans Congrès archéologique de France, 147e session, 1989. Quercy, Paris, S.F.A., 1993, p. 437-456.

Informations complémentaires

Nom du pays :
Parc Naturel Régional des Causses du Quercy
Référence :
IA46000297
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
Rédacteur(s) :
Séraphin Gilles ; Scellès Maurice
Date de publication :
2011
Date de mise à jour :
2014/07/31
Date de la protection :
1999/05/31 : inscrit MH partiellement ; 2000/12/14 classé MH partiellement
Référence de la notice M.H. :
PA46000020
Conseil général du Lot