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hôtel de Bernuy, puis collège universitaire, actuellement lycée Pierre de Fermat

L'hôtel de Bernuy est construit par un riche marchand pastelier dans la première moitié du 16e siècle. La qualité et la précocité du travail des architectes et des sculpteur

Historique

Datation principale :
16e siècle
Datation secondaire :
17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle
Année(s) :
1530
Justification de la datation :
date portée
Auteur de l'oeuvre :
Picart Jean (maçon) ; Picart Guillaume (maçon) ; Cayla Merigo (architecte) ; Privat Louis (architecte) ; Nelle Jean (architecte) ; Bach Henri (architecte)
Justification de l'attribution :
attribution par travaux historiques
Commentaire historique :
L'hôtel est construit par Jean de Bernuy, riche négociant en pastel originaire de Burgos en Espagne. En 1503 celui-ci passe un bail avec Jean et Guillaume Picart, ou "lepicart", pour la réalisation d'une muraille. Un an plus tard il confie à Merigo Cayla la construction de son hôtel. Au moins deux grandes campagnes de travaux sont visibles. La façade sur rue, la seconde cour et sa tour sont construites au début du 16e siècle. Des éléments encore gothiques sont visibles sur le portail d'entrée et dans la seconde cour (grandes fenêtres bâtardes, arc en accolade ou torsadé). La date de 1530, inscrite sur un cartouche sculpté, est habituellement admise pour la datation de la seconde campagne de travaux. Plusieurs baux passés entre 1530 et 1536 permettent d'y associer Louis Privat. Elle s'affirme essentiellement dans la première cour et témoigne de la nouvelle mode décorative de la première Renaissance avec un décor foisonnant dans lequel apparaissent des putti, médaillons et colonnes candélabres. En 1565, l'hôtel de Bernuy est acheté par trois bourgeois : Pierre Delpech, Pierre Madron et Jean de Gamon. Il est donné à la ville pour la création d'un collège universitaire de Jésuites qui s'y installe dès 1566. Les religieux agrandissent l'hôtel par achats successifs et l'adaptent à sa nouvelle fonction. Hormis le portail de 1605 "où s'étale l'ostentation des capitouls, "mécènes" du collège" (Gonsalvès, 2006), il reste peu d'éléments du collège. L'étude des cadastres démontre qu'il n'y a pratiquement pas eu de changements parcellaires de 1680 à nos jours. Par contre, l'hôtel a subi maintes transformations architecturales au fil des siècles : rehaussements, agrandissements, troncages. En 1762 l'ordre Jésuite est dissout. L'établissement est converti en collège royal, puis national, lycée impérial, royal, enfin lycée d'état puis de nos jours lycée et collège. La plupart des bâtiments actuels datent de la fin du 18e et du 19e siècle et correspondent à ces changements successifs. En 1786, le bâtiment de la bibliothèque du collège est édifié sur les plans de Jean Nelle ou Nelli. L'hémicycle, de style néoclassique, est élevé à la fin du 18e siècle. En 1868, un permis (4D193/1 et 193/2) est demandé pour réaligner le corps de bâtiment le long de la rue de la Pomme. Les plans sont réalisés par l'architecte Henri Bach (plan d'alignement 4D201 (2)/2). Vers 1885-1889 des travaux de restauration sont réalisés par l'Architecte Anatole de Baudot, qui restitue la galerie de bois du deuxième étage de la cour d'entrée qui datait de 1530. Les restaurations se caractérisent par une absence de finition des éléments sculptés. De nouveaux corps de bâtiment sont construits vers 1950-1960. Le CDI, bâtiment le plus moderne, a été élevé à la toute fin du 20e siècle.
Notice succincte :
L'hôtel de Bernuy est construit par un riche marchand pastelier dans la première moitié du 16e siècle. La qualité et la précocité du travail des architectes et des sculpteurs qui ont participé à son édification en font un chef-d'oeuvre de l'architecture Renaissance à Toulouse. L'hôtel est classé Monument Historique en 1889. Son histoire est depuis 1566 liée à l'enseignement : trois bourgeois en font alors don à la ville afin que les capitouls y installent un collège universitaire. Ces derniers ne manqueront pas d'apposer leurs blasons sur le portail monumental édifié en 1605 à l'angle de la rue Lakanal et de l'impasse des Jacobins (protégé au titre des Monuments Historiques depuis 2007). Au fil des siècles les bâtiments qui constituent l'ilot sont annexés à l'établissement et d'autres sont édifiés. Aujourd'hui l'établissement est connu sous le nom de collège et lycée Pierre de Fermat.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
brique
Matériaux de la couverture :
tuile creuse
Vaisseau(x) et étage(s) :
2 étages carrés
Forme de la couverture :
toit à longs pans
Escalier :
escalier intérieur : escalier en vis ; escalier tournant à retours
Commentaire descriptif :
L'hôtel est constitué de plusieurs corps de bâtiment organisés autour de deux cours étroites et carrées de dimensions similaires. Les élévations postérieure et septentrionale de la première cour possèdent un décor renaissant et sont en pierre. Une galerie en bois surmonte l'élévation. Des galeries relient les différents corps de bâtiments et présentent l'intérêt de faciliter la circulation sans empiéter sur l'espace étroit de la cour. Les deux autres élévations, en brique, correspondent à des corps de bâtiment du 18e siècle. La seconde cour, à laquelle on accède par un passage couvert latéral, possède une tour d'escalier située dans l'angle Nord-Est. Aujourd'hui, l'hôtel du 16e siècle ne constitue qu'une petite partie d'un grand ensemble qui se déploie sur presque tout un îlot. La transition avec les bâtiments du collège se fait par l'élévation en fond de la seconde cour, qui permet d'accéder à la cour Lakanal. Au sud de celle-ci se développe la cour de l'hémicycle qui doit son nom à son aile en arc de cercle. Sa façade néoclassique est couronnée par un entablement de brique et surmontée d'un fronton triangulaire. L'élévation occidentale communique avec la plus grande cour du Lycée, la cour du dessin, composée de bâtiments hétérogènes. Les élévations qui dessinent les contours de la cour sont tous identiques : recouverts d'un enduit en béton et rythmés par des fenêtres rectangulaires encadrées de brique, les corps de bâtiment se démarquent du petit bâtiment en fond de cour (l'infirmerie) côté rue Malbec, encore empreint de l'art du 16e siècle. Ces élévations se démarquent également du CDI, symbole d'une architecture métallique moderne et design.
Technique du décor :
sculpture
Représentation :
ornement végétal ; ornement figuré
Précision sur la représentation :
La première cour concentre la majeure partie du décor.

Localisation

Commune :
Toulouse
Lieu-dit ou secteur urbain :
Capitole (quartier)
Adresse :
Léon-Gambetta (rue) 1
Aire d'étude :
Toulouse centre
Référence cadastrale :
2011 310818AB0719
Milieu d'implantation :
en ville

Oeuvres liées

Détail de l'oiseau chantant sur l'oeuvre.
Dans un courrier daté du 28 avril 1966 concernant l'aménagement et l'agrandissement de l'externat du lycée Pierre de Fermat, l'architecte Sylvain Stym-Popper propose d'employer la somme de 66.825 Francs (solde restant au titre de la décoration à la réalisation des six réfectoires au moyen de peintures qui seraient confiées aux peintres Jacques Fauché, Jean Edelman et Maurice Mélat. Ce do
Détail du portail monumental (partie gauche).
L'exécution des portes principales d'entrée en fer forgé fait partie du programme décoratif du 1 % artistique présenté par l'architecte Sylvain Stym-Popper pour la première tranche de travaux du lycée Pierre de Fermat démarrée en 1959.£Dans une note datée du 11 juillet 1960, l'architecte expose son projet : "Appelée à servir de fronstispice au Lycée, la façade de l'externat doit n
Le buste de Pierre de Fermat, vu de face.
Dans un courrier daté du 28 avril 1966 concernant l'aménagement et l'agrandissement de l'externat du lycée Pierre de Fermat, l'architecte Sylvain Stym-Popper propose d'employer la somme de 66.825 Francs (solde restant au titre de la décoration à la réalisation de deux oeuvres dont ce buste en bronze à l'effigie de Pierre de Fermat. Il prévoit que "cette oeuvre sera placée à l'intérieur

Illustrations


Toulouse (Haute-Garonne), hôtel de Bernuy, puis collège universitaire, actuellement lycée Pierre de Fermat.
Référence : IVC31555_20133100420NUCA - 43. Toulouse. Porte du lycée (ancien hôtel de Bernuy). Années 1910. - Archives municipales de Toulouse (reproduction), Domaine public.


Documents liés

Bibliographie :
Dossier Inventaire réalisé par Sonia Moussay le 13 août 2002 ; dossier Inventaire réalisé par Colin Debuiche en 2008 ; GONSALVEZ G., Service régional des Monuments Historiques, DRAC Midi-Pyrénées ; Catalogue d'exposition du Musée Paul Dupuy, Expression du baroque. Les Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1991 ; CASTER G., Le commerce du pastel et de l'épicerie à Toulouse, de 1450 environ à 1561, Toulouse, Privat, 1962 ; CHALANDE J., Histoire des rues de Toulouse, Toulouse, Douladoure frères, 1919, Paris, Montpensier, 1973, p. 214-226 ; DEBUICHE C., "L'hôtel de Bernuy et l'influence des Medidas del romano dans l'architecture toulousaine de la Renaissance", Les Cahiers de Framespa [En ligne], 5/2010, mis en ligne le 17 juin 2010 ; DU MEGE A., "le Palais de Bernuy", MSAMF, t. III, 1836-1837, p. 1-32 ; DUPRAT C.-P., "l'influence espagnole sur le décor sculpté des hôtels toulousains de la Renaissance", Gazette des Beaux-Arts, 1937, p. 5-22 ; LAHONDES J. de, Les monuments de Toulouse, Toulouse : Privat, 1983 ; MESURET R., Evocation du vieux Toulouse, Paris, 1960, éd. de minuit, 1987 ; PAPILLAULT R., Les Hôtels particuliers de Toulouse au XVIe siècle, Toulouse, Mémoires des Pays d'Oc, 1996, p. 109-124 ; TOLLON B., "Toulouse, ville "plateresque" ?", Las influencias mutuas entre España y Europa a partir del siglo XVI, actes du colloque tenu à Wolfenbüttel, Wolfenbütteler Forschungen, 1988, band 39, p. 139.

Informations complémentaires

Sources :
Archives municipales de Toulouse : 4D193/1 et 193/2 ; 4D201 (2)/2
Référence :
IA31130496
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Ville de Toulouse
Rédacteur(s) :
Noé-Dufour Annie ; Zimmermann Karyn
Date de publication :
2002 ; 2010
Date de mise à jour :
2014/02/25
Nature de la protection :
classé MH ; inscrit MH
Date de la protection :
1889 : classé MH ; 2007/08/20 : inscrit MH
Référence de la notice M.H. :
PA31000080
Eléments remarquables :
galerie ; ordre ; tour
Observations :
Les putti, les médaillons en buste, le motif de la colonne candélabre, de l'arc de triomphe sont autant d'éléments caractéristiques de la première Renaissance. Des éléments stéréotomiques remarquables sont à souligner : sur l'élévation nord une voûte surbaissée avec caissons à rosas individualisées soutient un corps de bâtiment à l'étage qui est ouvert sur la cour grâce à deux croisées scandées de colonnes corinthiennes adossées à des pilastres.
Mairie de Toulouse. Archives municipales