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évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne

Lorsque Monseigneur Colbert est nommé archevêque à Toulouse, il trouve son logement de fonction peu à son goût. Il choisit l'architecte toulousain Nicolas Buterne pour réamé

Historique

Datation principale :
15e siècle ; 17e siècle ; limite 17e siècle 18e siècle ; 4e quart 18e siècle ; 2e quart 19e siècle
Datation secondaire :
19e siècle ; 20e siècle
Année(s) :
1690
Justification de la datation :
daté par travaux historiques ; porte la date
Auteur de l'oeuvre :
Buterne Nicolas (architecte) ; Pamiès Jacques (entrepreneur de maçonnerie) ; Pujos Jean (tailleur de pierre) ; Aviler Charles d' (architecte) ; Raymond Jean-Arnaud (architecte) ; Laforgue Antoine (architecte) ; Esquié Jacques Jean (architecte) ; Thillet J
Justification de l'attribution :
attribution par travaux historiques
Commentaire historique :
L'évêché est probablement installé au sud de la place Saint-Etienne dès le 12e siècle. Certains éléments du palais du 15e siècle sont conservés dans le bâtiment actuel. L'archevêque Charles de Montchal (1628-1651) fait probablement édifier la façade sur jardin de l'aile est, percée de grandes fenêtres en alternance brique et pierre, en conservant des pans de mur entiers construits au siècle précédent. La majeure partie de l'édifice date cependant de l'épiscopat de Jean-Baptiste Michel Colbert de Saint-Pouange (1687-1710), cousin du grand ministre de Louis XIV. Il entreprend dès son arrivée à Toulouse la reconstruction du palais. Il semble qu'il ait confié le suivi de l'ensemble du projet au toulousain Nicolas Buterne. Le chantier commence en 1690 par la construction du corps de bâtiment en fond de cour. Le maçon-entrepreneur Jacques Pamiès est choisi pour mener à bien les travaux. En 1691, le tailleur de pierre Jean Pujos est chargé de la construction de l'escalier d'honneur. Le projet connaît une deuxième étape avec la venue d'Augustin-Charles d'Aviler en 1693, qui livre un projet partiellement réalisé. Colbert fait ensuite construire les façades des ailes est et ouest de la cour d'honneur, le portail d'entrée et probablement l'aile sur jardin à l'est du palais. Son successeur Charles Loménie de Brienne fait décorer ses appartements privés ainsi que les pièces de réception par l'architecte Jean-Arnaud Raymond dans un style "à la grecque". Il érige également le corps de bâtiment est sur la seconde cour qui abrite la bibliothèque du clergé, aujourd'hui séparé en deux : une partie appartient à la cathédrale (elle conserve l'escalier à rampe en fer forgé avec la date de 1775), l'autre à la préfecture. En 1776, l'archevêque charge le même architecte de construire un bâtiment le long de la rue Saint-Jacques. Le palais archiépiscopal est confisqué à la Révolution. Il est affecté à différents services publics avant d'être définitivement attribué à la préfecture en 1808. En 1835, un bâtiment est construit le long de la rue Saint-Jacques à côté de celui de Raymond, par l'architecte Antoine Laforgue. D'autre part, plusieurs campagnes de travaux ont permis d'adapter les bâtiments à leur nouvelle destination. Jacques-Jean Esquié, architecte du département de 1849 à 1867, agrandit les deux ailes de la cour d'honneur et fait aménager la salle du conseil général et la salle du conseil de préfecture. Thillet est architecte du département de 1887 à 1930. Il surélève les ailes est et ouest de la cour en 1925, construit l'orangerie et créé la salle Thillet du conseil général (aujourd'hui salle Bidou). Des travaux de construction et de restructuration des bâtiments sont menés entre 1950 et 1960, notamment au niveau du corps de bâtiment qui abritait la bibliothèque du clergé. La préfecture occupe également des corps de bâtiment à l'angle de la place Saint-Etienne et de la rue Fermat. Les premiers, accolés au portail, occupent l'emplacement de la maison au balcon et ont été réaménagés au cours du 18e siècle. Ces corps de bâtiment appartiennent à l'enclos épiscopal en 1680 (cadastre de 1680), à la fin du 18e siècle (cadastre Grandvoinet) et en 1830, ils font également partie des bâtiments appartenant à la préfecture (cadastre napoléonien). Aujourd'hui, le corps de bâtiment ouvrant sur la rue Fermat fait également partie de la préfecture et conserve les vestiges d'un portail en pierre du 17e siècle. Au 19e siècle, il est appelé hôtel Ducos de Lahitte. Il est annexé dans la 2e moitié du 19e siècle pour l'agrandissement des locaux de la préfecture.
Notice succincte :
Lorsque Monseigneur Colbert est nommé archevêque à Toulouse, il trouve son logement de fonction peu à son goût. Il choisit l'architecte toulousain Nicolas Buterne pour réaménager les bâtiments édifiés du 14e au 16e siècle. Il conçoit à partir de 1690 un hôtel somptueux qui passe pour introduire le bon goût de l'architecture parisienne à Toulouse. Dès la fin des travaux, l'escalier et le jardin sont particulièrement admirés et attirent la curiosité des toulousains et des visiteurs de passage. Le palais archiépiscopal, confisqué à la Révolution, est définitivement affecté à la Préfecture en 1808.

Description

Matériaux et mise en oeuvre :
brique ; enduit ; bossage
Matériaux de la couverture :
tuile
Vaisseau(x) et étage(s) :
sous-sol ; 2 étages carrés
Elévation extérieure :
élévation ordonnancée
Forme de la couverture :
toit à longs pans
Escalier :
escalier intérieur : escalier tournant à retours, en maçonnerie, sur voûte
Commentaire descriptif :
L'hôtel de l'archevêché est composé de plusieurs corps de bâtiments disposés autour d'une cour d'honneur en U, d'un vaste jardin au sud-est et de deux cours secondaires rectangulaires au nord-est. Il est indiqué depuis la place Saint-Etienne grâce au portail encadré par des pilastres de pierre à refends couronnés d'un fronton. Cette porte monumentale, ornée du masque d'Hercule, permet d'accéder à la cour d'honneur bordée de façades ordonnancées. Les trois corps de bâtiments sont percés de fenêtres rectangulaires alternées avec des tables en saillie. Le corps de bâtiment en fond de cour est animé par un avant-corps central divisé en trois travées par des pilastres bossagés et couronné par un fronton triangulaire. Il signale l'escalier d'apparat qui permet d'accéder au premier étage. La façade sur jardin de l'aile gauche est percée par de grandes fenêtres en alternance brique et pierre séparées par un décor de tables. Le bâtiment en retour est ouvert sur le jardin par une galerie en rez-de-chaussée. Le premier étage est rythmé par des baies plein-cintre. Un large attique présente un décor d'oculi aveugles. Au sud du jardin, le bâtiment construit par Raymond est d'une grande sobriété : de faible hauteur, il se développe sur un rez-de-chaussée et un étage attique surmonté d'une corniche à modillons. Accolé, le bâtiment de Laforgue est plus imposant, avec ses corps latéraux surmontés d'un fronton.
Technique du décor :
sculpture ; ferronnerie
Représentation :
dieu ; ornement géométrique ; putto ; armoiries ; balance ; guirlande
Précision sur la représentation :
Le portail d'entrée est orné d'un masque représentant le visage du dieu Hercule, coiffé de sa peau de lion. Garde-corps de l'escalier d'honneur en fer forgé orné de motifs géométrique. Bas-relief au-dessus des portes du bâtiment de Raymond ornés de putti, armoiries martelées, guirlandes de fruits et d'une balance.

Localisation

Commune :
Toulouse
Lieu-dit ou secteur urbain :
Saint-Etienne (quartier)
Adresse :
Saint-Etienne (place) 1
Aire d'étude :
Toulouse centre
Référence cadastrale :
310815AC0301
Milieu d'implantation :
en ville

Oeuvres liées

Aucun dossier n'est lié à cette notice.


Illustrations


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100816NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100817NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail du rez-de-chaussée. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100818NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail du rez-de-chaussée. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100819NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail du rez-de-chaussée. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100820NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail des étages. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100821NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail des étages. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100822NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, détail des étages. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100823NUCA - Elévations à l'angle de la place Saint-Etienne et de la rue Fermat, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100824NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100825NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte, détail du rez-de-chaussée. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100826NUCA - Elévation sur la place Saint-Etienne, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte, détail des étages. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100827NUCA - Elévation sur la rue Fermat, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113100828NUCA - Elévation sur la rue Fermat, partie de l'ancien hôtel Ducos de Lahitte, portail en pierre. - Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113101254NUCA - Hôtel de la préfecture, plan du rez-de-chaussée avec indication des pièces aux frais du département. - reproduction, (c) Conseil général de la Haute-Garonne.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113101255NUCA - Hôtel de la préfecture, plan du 1er étage avec indication des pièces meublés aux frais du département. - Société Jouve (reproduction), (c) Conseil général de la Haute-Garonne.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113101256NUCA - Hôtel de la Préfecture, plan du 2ème étage avec indication des pièces meublés aux frais du département. - reproduction, (c) Conseil général de la Haute-Garonne.


Toulouse (Haute-Garonne), évêché puis archevêché, dit palais archiépiscopal, puis préfecture de la Haute-Garonne.
Référence : IVC31555_20113101257NUCA - Croquis de la bibliothèque du cardinal de Joyeuse. - reproduction, (c) Conseil général de la Haute-Garonne.


Documents liés

Bibliographie :
Ouvrage collectif. "La Préfecture de la Haute-Garonne. Histoire - Institution - Architecture". Toulouse : Préfecture de la Haute-Garonne, 2007. Bayle Jeanne, "L'ancien archevêché de Toulouse jusqu'à monseigneur Colbert", Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LXVII (2007), p. 181-199. Ahlsel de Toulza Guy, Peyrusse Louis, Tollon Bruno, "Hôtels et demeures de Toulouse et du Midi Toulousain", Drémil-Lafage : éditions Daniel Briand, 1998.

Informations complémentaires

Référence :
IA31104752
Copyright :
(c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Ville de Toulouse
Rédacteur(s) :
Zimmermann, Karyn ; Krispin, Laure
Date de publication :
2011
Date de mise à jour :
2014/02/25
Nature de la protection :
inscrit MH
Date de la protection :
1990/10/01 : inscrit MH ; 1990/10/17 : inscrit MH
Eléments remarquables :
escalier
Observations :
Le palais archiépiscopal témoigne de l'introduction du goût parisien dans les hôtels particuliers toulousains à la fin du 17e siècle.
Mairie de Toulouse. Archives municipales